La Review de la semaine [6]

The Flash. ©CW
The Flash. ©CW

Cette semaine, coup de coeur pour une nouveauté, eh oui c’est possible ! Et enchaîner huit épisodes d’une série française en deux jours aussi, qui l’eût cru ?

The Flash 1×01 – 1×04

En quatre épisodes d’une efficacité redoutable, The Flash donne le ton et prend la forme d’un divertissement solide, souvent très amusant, doté par ailleurs d’un cast convaincant. Déjà, la caractérisation des personnages est honnêtement réussie, au point que dès la fin du pilot, on se sent pris d’attachement pour la plupart des personnages. Les relations qui se développent sont même touchantes, intéressantes et bien écrites (Barry/Joe), et on sent pour chacun d’eux un vrai potentiel d’évolution. Alors, évidemment, la série n’est pas exempte de défauts, mais il semble à ce stade que tous peuvent être corrigés, ce n’est vraisemblablement qu’une question de temps. Les deux qui sautent aux yeux sont évidemment d’une part le personnage d’Iris, écarté et cantonné à pas grand chose pour le moment, et d’autre part la répétition irritante d’un cliffhanger dans la fin des trois premiers épisodes. Allez, on y est presque, The Flash ! (et félicitions, j’en ai même repris Arrow)

The 100 2×02

Un deuxième épisode qui confirme la direction prise par cette deuxième saison… Alors, une fois de plus, j’ai cru un moment à cette histoire saugrenue de bébé perdu et évidemment, j’ai pesté contre le ridicule de la chose… C’était oublier que The 100 est bien plus maligne qu’elle en a l’air, puisque cette affaire a donné lieu à un développement en soi très émouvant, même si on s’était fait à l’idée de la mort du chancelier et que ça aurait été osé d’en rester là. Attention maintenant sur Terre, il ne faudra pas non plus que l’intrigue d’Octavia tourne en rescue mission qui s’éternise ! Enfin, le personnage s’affirme et a droit à des scènes rares à la télévision, et laisse présager un certain potentiel d’évolution, tant elle suit après tout son propre chemin sans se poser de questions. Pour les autres, il est intéressant de voir d’un côté les adultes prendre la mesure de la situation et vivre ce que les plus jeunes ont vécu à leur arrivée, et d’un autre côté précisément ces jeunes hériter d’une intrigue qui s’élève d’un cran, dans un cliffhanger horrifique efficace.

Engrenages saison 1

C’est rare, si rare qu’une série française sache maintenir un vrai bon rythme et nous accrocher de bout en bout ! Une chose est sûre, Engrenages ménage un suspense efficace, et trouve généralement la recette qui marche : twists, cliffhangers et intrigue feuilletonnante bien suivie. Pour autant, la mécanique si bien huilée n’empêche pas les défauts de fond : le récit, d’abord, ne prend pas l’ampleur promise à ses débuts, et s’achève même dans un dernier épisode très en-dessous. De même, si l’équilibre est plutôt bien trouvé entre temps fort et le reste du temps, il faut tout de même avouer que la majorité des twists est très forcée, tout comme la violence crue semble parfois un peu trop exhibée pour l’effet choc. Autre vrai problème de la série : la caractérisation de ses personnages, et notamment de celui interprété par Audrey Fleurot… Certaines de ses décisions, dans le finale, n’ont aucune explication, ni même sens, et n’éclairent absolument pas une quelconque complexité ou profondeur psychologique, mais bien plutôt de la maladresse ou, une nouvelle fois, une écriture « pour l’effet ». En espérant que la saison 2 soit toutefois aussi efficace et aura en même temps corrigé ces défauts gênants…

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La Review de la semaine [5]

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Qui dit vacances dit rattrapages ! Un peu plus de séries au programme cette semaine, mais j’attendais surtout le retour de l’étonnante The 100 après sa saison 1 enthousiasmante… Vous aurez remarqué que je ne suis guère le rythme de l’actualité et comme toujours vais surtout où l’envie me mène, par exemple vers Utopia ! Mauvaise pioche… Maintenant, on peut toujours compter sur les valeurs sûres, The Good Wife, Transparent qui n’aura pas eu besoin de beaucoup d’épisodes pour faire ses preuves, et une mini-série de David Simon, bref, de quoi trouver son compte.

The Good Wife 6×05

L’affaire du 6×05 n’était peut-être pas passionnante (et sa résolution peu inspirée), Tascioni maintient plus ou moins le navire à l’eau, mais le traitement était par moments trop gaguesque et pas toujours efficace. C’est sans doute le mot qui dit les problèmes de cet épisode : trop ! Le coup du virus était gros aussi, pour dire, mais heureusement sauvé par quelques détails fabuleux (la hotline !) et Diane évidemment. Notons tout de même une bonne scène finale !

 Utopia 1×01 – 1×02

Utopia entre dans la catégorie des séries que je vois vantées presque à l’unanimité sur ma timeline twitter, au point qu’il fallait bien que j’y jette un coup d’oeil quand même. Ça m’apprendra à faire confiance à ma timeline… une confusion à toute épreuve dans le pilot, un montage (?) perturbant-fouillis, des couleurs agressives, un effet de mise en scène dans le style comics qui rattrape un peu le reste, une intrigue conspirationniste mal ficelée (pour le moment, certes) et des personnages, bien que « forts », incroyablement antipathiques (et ça ne s’arrange pas dans le 2). Ajoutons à tout cela une bonne dose de violence dérangeante… Allez, adieu Utopia !

Te 100 2×01

Nous avons droit au renouvellement promis : nouvel environnement, redistribution des rôles, avec l’introduction d’une thématique légèrement déplacée en comparaison de la saison 1 : la vie en communauté mais cette fois ci, avec des adultes. Naturellement, le potentiel à explorer est suffisamment important (et d’ailleurs déjà entraperçu) et la série s’est déjà montrée ambitieuse en saison 1, pas de raison qu’elle ne s’en sorte pas. Bon, ce n’est pas parfait non plus et il faut bien se farcir des éléments cliché (le villain, les prétendus sauveurs…).

 Transparent saison 1

Jolie conclusion pour Transparent, qui aura toujours été un plaisir à regarder. Le sentiment de naturel et de la beauté des petits riens, et la série en dit toujours long en si peu ! Alors, bon, il faut subir Josh, c’est sûr… D’ailleurs, la série gagne tellement lorsqu’elle réunit toute la famille, les plus belles scènes sont celles des rassemblements, dîners, et les apartés ne semblent toujours exister que pour nous y faire revenir, jusqu’à ce petit événement explosif final – pas celui qu’on attendait dans le pilot, naturellement… Alors que le coming out de Maura s’est fait avec fluidité, au point que la série se permet de franches ellipses entre les épisodes, ce sont d’autres souvenirs qui sont venues former les enjeux familiaux de la série (la babysitter, l’argent, le mariage…) et une fois au bout du chemin, chacun doit assumer des responsabilités plus ou moins attendues… Bref, vivement la suite !

Generation Kill

Autre ambiance… Adaptation d’un livre de journaliste, Generation Kill est au plus près de la réalité de la guerre en Irak, alors forcément, c’est dur à regarder, c’est marquant, et il faut prendre son temps, mais ne pas trop tarder non plus entre chaque épisode. Pas grand chose à en dire, quoi qu’il en soit, si ce n’est qu’on y trouve autant de beauté que de violence quelle qu’elle soit.

The 100, saison 1

The 100.-©CW
The 100.-©CW

The 100, adaptation d’un roman, fait sensation dans sa première saison sur la CW. Peut-être qu’on ne s’attendait pas, ou plus, à voir dans un teen drama de l’ambition et de la noirceur, si bien qu’on est très régulièrement surpris de l’audace de la série. Probablement la plus meurtrière de la saison, elle confronte ses personnages d’adolescents, tous mineurs et prisonniers sur l’Arche, à l’inconnu d’une Terre post-guerre nucléaire, dans une sorte de variation sf du postulat de Sa Majesté des mouches. Nos craintes d’un faux survival qui cacherait la réalité d’un soap s’avèrent vite infondées, et nos attentes ne cessent de s’élever à mesure que le propos de la série gagne en force, jusqu’au finale explosif.

Who we are, and who we need to be to survive, are very different things. (Bellamy)

Ce qu’interroge The 100, c’est bien l’humanité même : ses principes, ses valeurs, et jusqu’à quel point elles peuvent être relativisées dans un contexte de survie permanente, dont les quelques issues esquissées se fermeront les unes après les autres pour mener à une guerre inévitable. Alors que Bellamy veut croire qu’ils peuvent séparer qui ils sont, et ce qu’ils sont amenés à faire, la série va travailler les conséquences des violences sur les personnages au corps : de telles circonstances exigent au contraire un engagement complet, et ils ne seraient pas humains s’ils pouvaient éclipser toute conscience morale dès que nécessaire.

*** cette critique contient des spoilers ***

La série confronte d’ailleurs ses personnages aussi bien à des menaces extérieures qu’intérieures, sans pour autant en venir à un dispositif purement manichéen : les Grounders résistent aux 100-envahisseurs après des attaques, les 100 se défendent et n’ont d’autre choix que de rester sur Terre.

The 100. -©CW
The 100. -©CW

De même, chez les 100, les positions ne sont jamais fixes et les motivations ne cessent d’évoluer, participant du même coup de la construction nuancée des personnages et surtout de Clarke et Bellamy. En 13 épisodes, l’un comme l’autre s’approfondissent en fonction des événements, s’adaptent et réfléchissent, mais ne sont pas à l’abri des erreurs : la réussite de la série tient aussi en ce qu’elle arrive à faire croire au bon sens et simultanément aux dérapages idiots de ses personnages. À ce titre, c’est lorsque Bellamy agit pour se protéger lui-même qu’il met le groupe entier en danger, et ainsi, une fois de plus, cette erreur aura une portée dramatique sur l’intrigue et le personnage par la suite. En l’occurrence, la trajectoire de Bellamy est celle de l’apprentissage d’un leader, avec ses étapes successives : c’est après avoir laissé sa soeur libre (enfin, avec Lincoln…) et après avoir compris qu’il ne doit pas nécessairement donner aux 100 ce qu’ils veulent (c’est le face-à-face avec Bellamy qui l’aide à en prendre conscience), qu’il assume enfin ses responsabilités et sait non pas seulement qu’il doit être un leader, mais comment il doit l’être, dans ce très bon discours adressé au groupe à la fin de l’épisode 12.

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Quoi qu’il en soit, elle n’oublie pas de saisir les répercussions des actions sur ses personnages, les meurtres ne vont jamais de soi et les morts sont comptées, et c’est parce qu’elle rend à chacun le temps de penser à ses propres actes qu’elle nous donne l’envie de nous investir auprès d’eux.

Maintenant, il faut compter sur quelques passages obligés plus artificiels dans le début de saison, impliquant des lectures restreintes à la veine sentimentale qui par voie de conséquence limitent certains personnages. C’est le cas d’Octavia, qui devra patienter un moment avant de bénéficier d’un peu plus de profondeur. Les quelques touches d’humour sont rares, mais font mouche et quelques relations secondaires sont attachantes.

L’équilibre entre l’Arche et la Terre est quant à lui suffisamment constant, l’intrigue politique sur l’Arche ouvrant de toute façon sur l’enjeu du retour sur Terre, elle a son intérêt et permet elle aussi de donner plus de dimensions à certains personnages. Du côté de l’interprétation et de la réalisation, s’il n’y a rien d’impressionnant, cela reste convaincant et égal, même s’il manque à Clarke un tantinet de charisme par moments.

Bref, la première saison de The 100 est une excellente surprise à la hauteur de ses ambitions. C’est très simple après tout, elle ose ! Elle ose faire tuer et tuer ses adolescents, elle ose faire douter ses personnages de leurs chances de survie, sans s’enfermer dans une atmosphère désespérée pour autant. Ainsi divertissante et intéressante, The 100 ne se repose pas sur ses acquis et ne prend pas le risque d’ennuyer les téléspectateurs, espérons donc que la saison 2 sera du même acabit !

The 100, saison 1, épisodes 12 et 13 (season finale)

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Un douzième épisode qui prépare bien au grand finale, lui-même très réussi.

Dans son douzième épisode, The 100 accumule les temps forts et en dit long sur l’évolution de la dynamique du groupe après ce peu de temps passé sur Terre. Le retour de Murphy en villain de l’histoire, motivé par la vengeance, donne lieu à des développements intéressants sur la personnalité de Bellamy. La série lui donne l’occasion de se remettre en question pour une énième fois, et ce qui compte, ce n’est pas l’action elle-même qui en aurait résulté, mais la décision prise de secourir Clarke et Finn. Après 12 épisodes, il est réjouissant de constater que The 100 a su soigner l’écriture d’un de ses personnages les plus forts, en assumant ses erreurs et ses choix, pour en faire un leader tout aussi convaincant que Clarke. À ce titre, la scène qui oppose ainsi les deux discours est très réussie, travaillant l’intensité d’un moment de dialogues, décisif, en exposant aussi bien deux caractères que deux points de vue de leaders : ce n’est plus un antagonisme qui, comme au début, doit mener à l’exclusion d’un chef, il fonctionne au contraire comme une alternative, et aux autres des 100 de faire leur choix.

Le changement de camp est encourageant, il était temps, sans doute, d’explorer davantage et de se mettre à couvert. Quant à la découverte sur l’Arche, on pouvait s’y attendre mais cela reste enthousiasmant, en espérant que le chemin emprunté ne sera pas le plus facile et prévisible. Il faut dire, tout de même, que la série ne ménage pas les spectateurs, après tout, elle aura été très meurtrière et vu les prévisions des 5% et les habituels imprévus, il semble que l’humanité risque d’être bientôt réduite à bien peu de choses et qu’il faudra naturellement se tourner vers les grounders et autres peuples de la Terre.

Le season finale vient conclure la saison de la plus belle des manières. Arrivés au point de non-retour, sur Terre comme sur l’Arche, c’est l’heure des adieux et de la bataille. Le résultat est très efficace, du point de vue de l’action, l’épisode arrive à un certain sens épique et tragique dans la résolution, qui fait se succéder un excellent écho au précédent « We are not grounders », pour ensuite mettre en scène un massacre violent de leurs assaillants. Pas de cris de victoire, comme toujours, la série sait à quoi elle confronte ses personnages, et préfère alors se tourner vers eux quand les enjeux pourraient n’être que de l’ordre de la survie pure et simple. Pour ce qui est de Bellamy et Finn, on peut s’imaginer qu’ils auront survécu, mais quoi qu’il en soit la manière dont s’organise leur départ est très forte.

Et pour la première fois peut-être de la saison, l’émotion est là ! Pour le chancelier, pour ceux que le hasard fait donc mourir avant l’atterrissage catastrophe, pour Raven… On réalise qu’on s’est investi auprès d’eux. Le cliffhanger n’est peut-être pas très enthousiasmant, dans la mesure où on aime aussi la série pour son aspect de survie en pleine nature et que tout d’un coup, ça détonne un peu de voir ces murs blancs et brillants et cette évidente technologie.

Bref, une fin de saison très réussie, efficace, touchante, rythmée, elle suit une succession d’événements qui auront mené à cette guerre et cette déferlante de violence.

The 100, saison 1, épisodes 10 et 11

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Deux bons épisodes de The 100 !

Le dixième épisode trouve à son tour un bon rythme, bien qu’il soit plus prévisible que ce à quoi la série nous a habitués en ce qui concerne l’intrigue principale. Là où elle fait preuve de son audace surprenante, c’est encore dans sa conclusion : on aurait presque cru à la rédemption de Murphy, mais finalement, c’est un meurtre de plus… The 100 ne cesse de prouver qu’elle ose, et s’assombrit à mesure qu’elle progresse, empruntant une direction pessimiste et radicale qui peu à peu, évince les propositions pacifistes. Il est assez intéressant de voir ainsi d’un côté les risques d’une rupture violente dans le groupe, que ce soit par Murphy ou par la panique face à l’épidémie, et de l’autre la façon dont les liens se forgent – Bellamy et Clarke, Jasper et Monty… Par ailleurs, la série introduit une nouvelle piste, alors même qu’on n’a fait qu’approcher celle des grounders : elle ne perd donc pas de temps et à ce stade, son potentiel ne fait plus aucun doute. On note aussi le choix d’Octavia qui d’un coup, gagne évidemment en subtilité et pourrait enfin se projeter dans une autre direction. Il est en revanche peut-être un peu dommage de ne rien dire de ce qui se passe sur l’Arche suite à la fuite de l’exodus, mais il est certain que cela participe du sentiment d’isolement et de danger des 100 sur Terre.

L’épisode suivant va aussi de l’avant en exposant Clarke et Finn au danger, chez les Grounders. L’issue de cette intrigue, non résolue, fonctionne parfaitement : non seulement la jeune victime (de leur bombe !) meurt, mais en plus, on laisse les deux protagonistes dans des situations délicates. Et comme la série a montré qu’elle était capable de tuer, on peut s’inquiéter de ces menaces répétées. C’est efficace, d’autant plus qu’on aime en voir plus des Grounders ! Du côté de l’Arche, on pouvait s’y attendre, mais le nombre de morts reste impressionnant et la série précipite de plus en plus le sentiment d’urgence.

Bref, on ne s’ennuie pas et les choses se compliquent pour tous, de quoi relever la tension à l’approche de la fin de saison !

The 100, saison 1, épisodes 8 et 9

The 100. -©CW
The 100. -©CW

The 100 toujours aussi agréable à suivre.

Le huitième épisode propose cette fois de confronter ses protagonistes à leurs conflits intimes, grâce à des baies empoisonnées ; un moyen certes facile qui permet surtout la libération du grounder, mais confirme également une certaine ambition dans l’écriture des personnages, et principalement de Bellamy. La série relativise les actes des uns et des autres pour donner au groupe une dynamique moins prévisible et plus crédible ; là où ça devient moins convaincant, c’est dans le contraste qui s’éclaire cruellement entre ces personnalités qui s’approfondissent et celles qui restent lisses. Entre autres, le point de vue adopté sur l’intrigue d’Octavia, uniquement sentimental, affaiblit aussi bien le personnage que le propos qui aurait pu se dégager de cette résistance à la captivité et la torture. Et il faut dire que la manière dont s’organise la progression de l’intrigue tient quelquefois trop de l’effet de manche, à vouloir à tout prix travailler les relations par le biais des sentiments, quand celui des rapports de force exigerait plus d’attention. Maintenant, la révélation finale est efficace, parfaitement intrigante, et l’ensemble reste encourageant.

Le neuvième prend d’autres proportions et marque un grand pas en avant en provoquant la rencontre avec les grounders. Une fois de plus, les deux positions se valent, tout comme sur Arc, où, malgré une représentante du camp rebelle sans nuance, les antagonismes ont de l’intérêt. Dichen Lachman est une bonne recrue et son arrivée fait son petit effet, tandis que la chute de l’épisode est un choc supplémentaire.

Bref, un épisode moins intéressant suivi d’un neuvième plus rythmé.

The 100, saison 1, épisodes 6 et 7

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Deux bons épisodes de The 100, la série se regarde toujours avec plaisir.

Dans l’épisode 6, on s’intéresse à Octavia et Bellamy, avec une certaine réussite. Depuis quelques épisodes, la série s’efforce d’approfondir son histoire par des flashbacks et ceux-ci trouvent un réel intérêt dans la mesure où ils ont des répercussions sur l’intrigue ou nous aident à mieux saisir les relations des personnages. Ici, la conclusion sur une dispute rend alors toute l’intensité dramatique du conflit entre le frère et la sœur, au point que la série ne prend pas le parti facile de tour résoudre en un épisode. Par ailleurs, c’est l’occasion de revenir sur les grounders et de gonfler le mystère qui les entoure, tout en fondant leurs capacités : la séquence de poursuite avec morts successives était réussie, même si on aurait sans doute pu faire mieux encore pour relever la tension. Le plus faible, c’est certainement l’intrigue sentimentale, et les quelques points ridicules, comme l’accouchement en cinq secondes et l’espèce de tente pour se protéger d’une brume acide.

Le septième épisode élève l’intensité à un niveau supplémentaire en confrontant ses personnages à des situations impossibles. Si l’exécution a quelquefois manqué de force, le principe reste indispensable pour une série au croisement entre science-fiction et survival, et la torture permet évidemment de faire progresser l’intrigue tout en soulevant des questionnements pour les personnages. Il va de soi que ce n’est pas dans la plus grande subtilité, mais quoi qu’il en soit, ça marche, l’effort et les ambitions sont là, et les personnages en gagnent aussitôt en nuance et profondeur. C’est d’ailleurs également le bon point de la partie sur l’Arche : la série travaille aussi bien les émotions et regrets de ses protagonistes que les implications politiques, en introduisant un nouveau personnage qui pourrait en plus être lié à la conspiration pour tuer le chancelier. Il est peut-être dommage à ce stade que l’univers semble en partie restreint (n’y a-t-il que l’Arche ? on aimerait disposer d’informations sur l’humanité entière), la façon dont l’intrigue est toujours resserrée pourrait s’avérer frustrante, même si pour le moment cela n’entache pas trop la qualité des propositions.

Bref, deux épisodes convaincants qui, avec quelquefois peu d’enjeux à court terme, proposent toujours des choses intéressantes.

The 100, saison 1, épisodes 4 et 5

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The 100. -©CW

Deux épisodes corrects de The 100.

La série fait face aux conséquences de la fin de l’épisode précédent, sans tarder, confirmant le bon rythme avec lequel elle fait progresser ses intrigues, tout en proposant quelques réflexions plus ou moins intéressantes. En l’occurrence, il est question de justice, vengeance, et l’idée d’une enfant coupable ouvre sur un point de vue plus inédit que la série sait bien exploiter : rien d’inattendu à les voir ainsi s’en prendre à Murphy en premier lieu, une façon de déjouer les attentes et de réévaluer l’échelle de valeurs sur Terre.

La ressemblance évidente entre Charlotte et Clarke donne enfin quelques scènes touchantes, mais tout cela n’est pas particulièrement surprenant. Quoi qu’il en soit, cela reste efficace et les personnages prennent de l’envergure, le duo Bellamy/Charlotte, certes temporaire, a permis d’approfondir Bellamy (et pendant ce temps, Octavia s’efface en revanche…). Naturellement, ce qui se passe sur Arc n’est pas aussi prenant, tout du moins dans le quatrième épisode, mais déjà un peu plus dans le suivant. L’absence de liaison radio entre l’Arche et la Terre a des répercussions immédiates : d’une part il faut tuer une partie des occupants, d’autre part , la vérité est révélée. Curieux parti pris en revanche que de faire de certains des héros qui se sacrifient, une démarche étonnante, optimiste, qui évite toutefois de se confronter à une réalité sociale et au nœud du problème (comment « choisir » qui doit être sacrifié).

À l’inverse dans l’épisode 5, sur Terre, c’est un peu moins convaincant. On voit venir le triangle amoureux de très loin, et l’ensemble manque un peu de rythme. On ne peut pas non plus tant critiquer les actions de Bellamy, la série évite d’en faire un idiot et fonde suffisamment ses actions. L’épisode fait aussi converger les deux pans de l’intrigue sans trop jouer la tension et en favorisant l’émotion, cela fonctionne assez dans la mesure où elle a su concrétiser ses dangers auparavant; de fait on croit à la possibilité d’un contretemps et au sacrifice. Et sinon… enfin un « grounder » !

Bref, deux épisodes qui manquent parfois de rythme, mais restent surprenants et toujours pleins de bonnes idées.

The 100, saison 1, épisode 3

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Un bon troisième épisode de The 100.

Après deux épisodes, c’était le bon moment de revenir sur l’un des enjeux passés de la série, dans une série de flashbacks qui ainsi font progresser une partie de l’intrigue et donnent à la protagoniste l’occasion de se défaire de son obéissance à sa mère. Par ailleurs, la storyline du passé, qui présente ainsi dans sa résolution la Terre comme solution aux problèmes sur Arc, trouve ainsi un écho ironique avec l’intrigue présente dans laquelle la Terre est l’endroit de tous les dangers : un brouillard et… une enfant sont cette fois meurtriers. Les enjeux de survie s’étendent, sur des modes différents, et il faut sans doute un peu de légèreté pour compenser de ces perspectives sombres.

La série ose véritablement et en tuant un de ses personnages aussi vite, après avoir sauvé Jasper, prend une bonne décision. On croit au danger sur Terre, bien qu’il ne soit pas constant, The 100 trouve un rythme qui alterne entre calme et moments où tout bascule ; la scène finale choquante fait alors son effet.

Bref, un épisode qui confirme les ambitions de la série.

The 100, saison 1, épisode 2

The 100.-© CW
The 100.-© CW

Un deuxième épisode convaincant de The 100.

Dans la lignée du pilot, ce deuxième épisode en a les mêmes qualités et les mêmes défauts : du rythme, des enjeux, un univers, face à des stéréotypes de teen show qui quelquefois détonnent avec le reste. Pour l’univers, sur Terre, si on apprend pas beaucoup plus sur les autres survivants, on assiste à la mise en place d’un régime qui hiérarchise les positions de chacun. Avec assez de réussite par ailleurs, dans la mesure où les personnages, bien que pour certains caricaturaux (mais ils ont le temps de nuancer), parviennent à s’ériger comme des opposants tout en restant dans une motivation politique, après le premier temps chaotique. La série n’a pas osé tuer l’un des protagonistes, mais dit bien qu’il y a des morts ; on espère tout de même qu’elle saura se faire audacieuse dans la suite.

Sur Arc, nous est cette fois présenté le système politique en place, à travers quelques détails (le vote est révélé dans un dialogue) ou par la scène du conseil, c’est là aussi bien vu de ne pas se contenter d’oppositions personnelles et de faire entrer une lecture politique. Il manque peut-être encore le sentiment d’un vrai peuple vivant sur le vaisseau, on n’a eu jusque là qu’un aperçu de deux trois personnages ; naturellement il faut éviter de déséquilibrer et de donner trop d’importance à Arc, mais cela sera certainement nécessaire à un moment ou à un autre.

Bref, un deuxième épisode toujours assez prenant et prometteur.