La Review de la semaine [6]

The Flash. ©CW
The Flash. ©CW

Cette semaine, coup de coeur pour une nouveauté, eh oui c’est possible ! Et enchaîner huit épisodes d’une série française en deux jours aussi, qui l’eût cru ?

The Flash 1×01 – 1×04

En quatre épisodes d’une efficacité redoutable, The Flash donne le ton et prend la forme d’un divertissement solide, souvent très amusant, doté par ailleurs d’un cast convaincant. Déjà, la caractérisation des personnages est honnêtement réussie, au point que dès la fin du pilot, on se sent pris d’attachement pour la plupart des personnages. Les relations qui se développent sont même touchantes, intéressantes et bien écrites (Barry/Joe), et on sent pour chacun d’eux un vrai potentiel d’évolution. Alors, évidemment, la série n’est pas exempte de défauts, mais il semble à ce stade que tous peuvent être corrigés, ce n’est vraisemblablement qu’une question de temps. Les deux qui sautent aux yeux sont évidemment d’une part le personnage d’Iris, écarté et cantonné à pas grand chose pour le moment, et d’autre part la répétition irritante d’un cliffhanger dans la fin des trois premiers épisodes. Allez, on y est presque, The Flash ! (et félicitions, j’en ai même repris Arrow)

The 100 2×02

Un deuxième épisode qui confirme la direction prise par cette deuxième saison… Alors, une fois de plus, j’ai cru un moment à cette histoire saugrenue de bébé perdu et évidemment, j’ai pesté contre le ridicule de la chose… C’était oublier que The 100 est bien plus maligne qu’elle en a l’air, puisque cette affaire a donné lieu à un développement en soi très émouvant, même si on s’était fait à l’idée de la mort du chancelier et que ça aurait été osé d’en rester là. Attention maintenant sur Terre, il ne faudra pas non plus que l’intrigue d’Octavia tourne en rescue mission qui s’éternise ! Enfin, le personnage s’affirme et a droit à des scènes rares à la télévision, et laisse présager un certain potentiel d’évolution, tant elle suit après tout son propre chemin sans se poser de questions. Pour les autres, il est intéressant de voir d’un côté les adultes prendre la mesure de la situation et vivre ce que les plus jeunes ont vécu à leur arrivée, et d’un autre côté précisément ces jeunes hériter d’une intrigue qui s’élève d’un cran, dans un cliffhanger horrifique efficace.

Engrenages saison 1

C’est rare, si rare qu’une série française sache maintenir un vrai bon rythme et nous accrocher de bout en bout ! Une chose est sûre, Engrenages ménage un suspense efficace, et trouve généralement la recette qui marche : twists, cliffhangers et intrigue feuilletonnante bien suivie. Pour autant, la mécanique si bien huilée n’empêche pas les défauts de fond : le récit, d’abord, ne prend pas l’ampleur promise à ses débuts, et s’achève même dans un dernier épisode très en-dessous. De même, si l’équilibre est plutôt bien trouvé entre temps fort et le reste du temps, il faut tout de même avouer que la majorité des twists est très forcée, tout comme la violence crue semble parfois un peu trop exhibée pour l’effet choc. Autre vrai problème de la série : la caractérisation de ses personnages, et notamment de celui interprété par Audrey Fleurot… Certaines de ses décisions, dans le finale, n’ont aucune explication, ni même sens, et n’éclairent absolument pas une quelconque complexité ou profondeur psychologique, mais bien plutôt de la maladresse ou, une nouvelle fois, une écriture « pour l’effet ». En espérant que la saison 2 soit toutefois aussi efficace et aura en même temps corrigé ces défauts gênants…

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Un Village français, saison 2

Un Village français. -©Fr3
Un Village français. -©Fr3

Un Village français, créée par Frédéric Kirvine, Philippe Triboit et Emmanuel Daucé, et diffusée pour la première fois en 2009, est une série historique française centrée sur l’occupation allemande, localisée dans un village jurassien fictif, Villeneuve. Après une première saison en partie décevante, la série délivre une saison 2 convaincante et ambitieuse, prouvant qu’elle a su corriger ses défauts et donner plus de souffle à son récit.

Il faut dire que la saison 1, malgré un pilot prometteur doté de scènes fortes, semblait comme restreinte à des enjeux auxquels on peinait à s’intéresser ; en privilégiant par ailleurs des personnages qu’on n’avait qu’à moitié envie de suivre. Faute, entre autres, à une écriture des personnages féminins franchement faible, qui peinait à leur donner ne serait-ce qu’une personnalité, au point qu’on n’y croyait pas toujours. Tir corrigé en saison 2 : tous les personnages sont beaucoup plus soignés et gagnent en nuance. Au-delà de leurs relations, ils trouvent une profondeur creusée au fur et à mesure par les enjeux, qui ne versent pas seulement dans la romance, et font converger morale, sentiments, survie, dans une série de glissements vers un finale intense.

D’une certaine façon, Un Village français vient compléter notre connaissance théorique de l’Histoire de son versant intime, près des personnages, des micro-événements où tout semble se jouer, tout en dépeignant avec authenticité le quotidien de ce village. L’école, le médecin, les communistes, la résistance ; les points de vue sont limités mais toujours intéressants, reste peut-être qu’on voudrait avoir accès aux villageois moins favorisés maintenant, puisque si les problèmes de ravitaillement et de malnutrition sont bien évoqués vers la fin, c’est encore en marge de l’intrigue principale.

La narration de cette saison trouve un vrai rythme, notamment dans les deux derniers épisodes, très réussis en ce qui concerne l’intensité, et bénéficie naturellement de la meilleure qualité de l’écriture des personnages : on s’investit énormément auprès de Marie et du commissaire, principalement, et le finale sait tirer les bonnes ficelles pour travailler notre inquiétude. [SPOILER] En 6 épisodes, la série met en scène l’étau qui se resserre autour d’eux, jusqu’à un point culminant, qui oblige à s’interroger en urgence sur la nécessité de tuer un homme : c’est sombre, dur, à peine allégé par l’intrigue sentimentale entre Lucienne et son soldat allemand, qui s’efface alors complètement. On peut sans doute saluer également la décision de faire partir Jean, personnage agaçant qu’on reverra peut-être, pour laisser place à la SD comme vraie menace, campée par un acteur à son affaire dans ce rôle. [FIN DU SPOILER]

Bref, quand la première saison laissait sur sa faim, celle-ci encourage à poursuivre et surprend agréablement, dans la solidité de sa narration, son meilleur sens du rythme et sa plus grande finesse psychologique. Le jeu est encore inégal, et dans une certaine mesure, tout ne semble pas se résoudre ou arriver à quelque nouveau état dans la fin de saison, mais cette deuxième saison d’Un Village français est tout de même très convaincante et prenante.