Really, saison 1, épisode 1 (pilot)

Really. -©Amazon
Really. -©Amazon

Un pilot qui ne génère guère d’enthousiasme.

L’épisode en lui-même est pourtant très fluide, porté par un bon cast et un naturel constant, mais il faut déjà bien vouloir s’intéresser à la vie de ces quelques couples pour finalement y trouver son compte, tant on est loin de la comédie. Le ton est même étrange, quelquefois près du malaise, au point qu’il suscite presque une attente plus commune aux séries dramatiques qu’aux comédies, non pas du gag, mais de quelque événement qui viendra bouleverser la vie des personnages (j’en étais presque à croire que l’un allait mourir dans le pilot, c’est dire).

Maintenant, la série veut bien oser parler sexe et croit peut-être ainsi éviter les traitements plus clichés des couples mariés, mais n’y échappe pas tant que ça en définitive et nous compile une série de stéréotypes (dans la première partie surtout) pour conclure sur un enjeu qui franchement, ne parvient pas à donner envie d’y revenir.

Bref, une entrée en matière peu convaincante.

 

 

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The Strain, saison 1, épisode 1 (pilot)

The Strain. -©FX
The Strain. -©FX

Un premier épisode laborieux pour The Strain…

En guise d’entrée dans l’adaptation de son propre roman (Del Toro – Hogan), Del Toro signe un pilot peu engageant, principalement pour ses faiblesses de rythme et de narration. D’une durée de plus d’une heure, il aurait pu manifestement être rogné de quelques longueurs, et pourquoi pas éviter de se contraindre à ce temps limité de la nuit de l’événement. La fluidité en est presque empêchée au point qu’on se détache complètement de chaque scène – celles du vieil homme par exemple ne s’intègrent pas toujours avec une franche réussite – alors même que déjà, les personnages, et surtout le protagoniste, ne donnent pas spécialement envie de le suivre. Faute à la scène qui nous présente sa vie privée, dans laquelle il est agaçant (et pas qu’ici), en plus de correspondre au cliché qu’on pouvait attendre de lui.

Néanmoins, l’épisode bénéficie d’une solide unité de ton, d’un univers et de son ambiance, qui ne suffisent que s’ils nous fascinent déjà – pas mon cas – et naturellement d’une promesse d’horreur pour la suite. Mais les séquences d’horreur ne sont pas forcément efficaces ici, c’est plus repoussant qu’effrayant, à l’image de l’affiche de la série. Dommage quand ce sont finalement les seuls éléments qu’on ne pouvait guère prévoir après avoir vu un trailer.

Bref, un premier épisode très loin d’être efficace.

You’re The Worst, saison 1, épisode 1 (pilot)

You're The Worst. -©FX
You’re The Worst. -©FX

Un premier épisode réussi, mais qui fait un pari auquel on peut ne pas adhérer.

Cette sorte de confrontation entre des ingrédients anti-romcom et une intrigue qui s’y dirige envers et contre tout n’est pas une première, de même que l’entrée par un mariage sous le point de vue d’un « cynique ». Néanmoins, You’re The Worst ne semble pas pour autant chercher à convertir ses personnages et préfère raconter la possibilité de leur propre romance pour le moment, et dans ce pilot fluide, cette relation prend forme avec une légèreté et évidence déconcertante, également facilitée par le bon cast. Très franchement, il n’y a guère à redire sur l’écriture, mais on peut ne pas y trouver son compte pour autant.

Dans l’idée que l’addition de deux caractères toxiques pourrait en quelque sorte les annuler – voir la jolie dernière scène au téléphone -, You’re The Worst s’apprécie sans doute à la condition qu’on passe outre le fait que ses personnages sont tout bonnement méchants et à la limite du supportable (et ça convoque un type d’humour particulier aussi…). Il y a quelque chose de misérable chez chacun d’eux, relativisé en partie par des personnages secondaires : le colocataire et l’enfant, deux idées certainement pas novatrices mais manifestement indispensables. Difficile en tout cas pour le moment d’imaginer s’attacher à la série…

Bref, un premier épisode à la fois bien écrit et déconcertant. À voir ce que ça donnera sur la durée sans doute.

Extant, saison 1, épisode 1 (pilot)

Extant. -©CBS
Extant. -©CBS

Un premier épisode intéressant pour Extant !

Créée par Mickey Fisher, produite entre autres par Spielberg, dotée d’un bon cast et explorant un pitch intrigant, Extant a sur le papier tout pour séduire ! On n’est par ailleurs pas dépaysé par les pistes et les réflexions avancées dans le pilot, dont on espère naturellement un traitement fin et dense par la suite, comme tout n’est jusque là qu’esquissé. Néanmoins, ce pilot bénéficie principalement d’une belle unité de ton, qui peut déplaire, tant il verse dans une froideur parfaitement inquiétante, et d’une fluidité qui, malgré la lenteur du rythme, capte l’attention. Il faut dire que l’entrée dans l’univers est joliment exécutée, de cette géniale première scène à l’intégration progressive d’éléments d’anticipation dans le quotidien des personnages, la narration attise la curiosité tout en douceur, pour délivrer finalement juste assez d’informations.

On passera sur quelques moments attendus, tels que cette conclusion « don’t trust anyone », quand le reste est tout ce qu’il y a de plus prometteur. Maintenant, il est évident qu’il faudra juger sur long terme, puisque les questions à laquelle la série choisit de se confronter exigent aussi bien une certaine profondeur intellectuelle qu’une finesse émotionnelle à toute épreuve : dans le pilot, l’harmonie entre les deux points de vue est une réussite et favorise bien les échanges entre des problématiques familiales et des motifs sf en tout cas.

Bref, un premier épisode solide, d’une atmosphère inquiétante soignée. En espérant que la suite soit à la hauteur des ambitions !

The Leftovers, saison 1, épisode 1 (pilot)

 

The Leftovers. -©HBO
The Leftovers. -©HBO

Un beau premier épisode pour The Leftovers.

Le pilot, qui dure plus d’une heure, prend le temps de soigner son atmosphère, aussi bien par son rythme lent, ses flashbacks rapides intégrés comme de simples instantanés, que sa bande-originale : le résultat est immersif, nous évitant de questionner la crédibilité de son intrigue, et par ailleurs très beau, Peter Berg assurant à la réalisation. Quoi qu’il en soit, cet épisode donne le ton et aide à voir, sans didactisme, la direction et le point de vue que la série devrait emprunter. Quand elle aurait pu être une série à mystère, The Leftovers ressemble bien plus à une fiction dramatique sur le deuil, qui à la fois rend compte de l’importance de la disparition, en multipliant les images télévisées, en faisant progresser la narration vers le memorial day, et ne donne en même temps aucune piste de réflexion pour comprendre/avoir envie de résoudre ce mystère. On peut se demander si ce parti pris va durer, ou s’il peut tenir sur la durée, mais il est en soi intéressant et audacieux, dans la mesure où il s’agit aussi de faire sentir le vide laissé par les disparus tout en obligeant ses personnages à continuer de vivre. La première et la dernière scène du pilot confrontent, très simplement, dans une démarche finalement fantastique, un événement étrange/impossible et le regard impuissant de ceux qui y assistent ; c’est très fort et la série n’est pas loin, déjà, de nous placer nous aussi dans cette position là.

D’un autre côté, si l’intrigue (adaptée) a son originalité, les thèmes revisités restent traditionnels : famille américaine classique (blanche, deux enfants) éclatée et père flic comme héros, on n’est pas dépaysé et on espère évidemment que l’authenticité des émotions favorisera notre implication auprès des protagonistes. Puisqu’on en reste au niveau des individus, il faudra naturellement que l’écriture des personnages soit digne des enjeux personnels, difficile de juger la série sur ce plan après ce premier épisode.

Bref, un pilot beau et étonnant, prometteur.

The Last Ship, saison 1, épisode 1 (pilot)

The Last Ship. -©TNT
The Last Ship. -©TNT

Un premier épisode qui donne le ton pour The Last Ship et présage un bon plaisir coupable de l’été !

D’une narration solide, marquée de moments forts, ce pilot fait le travail qu’on attend de lui et cerne en quarante minutes les enjeux de son intrigue ; son efficacité tient aussi par ailleurs à sa capacité à rendre compte du bouleversement majeur, la découverte de la pandémie par l’équipage, sans trop de précipitation. L’écriture gère ainsi deux points de vue, celui de la scientifique et celui du capitaine, pour les faire entrer en conflit et ouvrir sur les révélations : un point de départ qui permet de ménager un certain suspense et de jouer davantage sur l’intimité de cet espace clos que sur l’urgence de la situation à échelle mondiale – de quoi éviter paradoxalement (sur un navire isolé…) une atmosphère anxiogène. Peu à peu, le rythme s’emballe, le ton change, et une fois l’épisode terminé, on est bien entré dans l’univers de la série. Tour de force, puisqu’en revanche, il est clair qu’on n’est guère surpris par ce qu’on regarde !

Les stéréotypes – Russie VS USA, l’héroïsme militaire US… -, l’ambiance (la bo par exemple) même de la série, n’aident pas forcément à croire à un monde contemporain, tant ils convoquent l’imaginaire des téléfilms vus et revus… Le gros problème de ce pilot est aussi celui de l’interprétation d’Eric Dane, sans charisme, difficilement crédible, l’acteur nuit clairement à la qualité de scènes voulues fortes, comme le discours rassembleur vers la fin. Par ailleurs, si l’épisode ne fait qu’esquisser les traits de caractères de ses personnages, il ne donne pas forcément l’impression d’un gros potentiel de développement et privilégie d’ores et déjà l’action : reste à espérer que la suite saura ainsi se projeter continuellement vers l’avant. Dans tous les cas, on sait ce à quoi on a affaire, et on peut y trouver son compte à cette condition.

Bref, un pilot efficace, miné en partie par son acteur principal.

Tyrant, saison 1, épisode 1 (pilot)

Tyrant. -©FX
Tyrant. -©FX

Ce premier épisode de Tyrant n’est certainement pas des plus enthousiasmants.

Ce qu’on pouvait attendre comme un drama politique inédit n’en est même pas l’ombre dans ce pilot, qui prend le parti d’une veine soap pour décrire des événements terribles. Ce n’est évidemment pas le soap en soi qui est à critiquer, mais c’est pour le moins déstabilisant d’avoir l’impression de regarder un soap et de subir en même temps pas moins de trois scènes de violence sexuelle. Les victimes n’ont aucune présence, aucune vie, ce qui compte, manifestement, c’est de fonder l’horreur d’un personnage « brisé » à travers ces violences répétées ; une facilité et un cliché qui jamais, ne donnent lieu à plus.

Il faut dire qu’on peut difficilement s’enthousiasmer de l’écriture des personnages, grossière, quand elle n’est pas caricaturale (l’ado…) ou absente (l’épouse), elle ne fonctionne que par « chocs » et n’est guère prometteuse de plus de subtilité. Passons également sur le choix d’un acteur blanc pour incarner le protagoniste, et de la langue anglaise pour toutes les scènes au Moyen-Orient, deux partis pris problématiques qui, par ailleurs, ne favorisent certainement pas la crédibilité d’une telle fiction. On reconnaîtra tout de même à ce pilot la solidité de sa narration qui, si elle ne joue pas de surprises, prépare bien à l’intensité et l’enjeu des dernières minutes.

Bref, un pilot presque désagréable, problématique à plusieurs égards, qui ne sera pas suffisant pour moi : je passe.

Happy Valley, épisodes 1 (pilot) et 2

Happy Valley. -©BBCone
Happy Valley. -©BBCone

Happy Valley est une mini-série de 6 épisodes créée par Sally Wainwright, qui s’est déjà illustrée avec Last Tango In Halifax. On retrouve l’excellente Sarah Lancashire dans le rôle titre, celui d’une policière dans le Yorkshire. Le pilot construit l’identité de la série, fiction policière et dramatique, et met en place les enjeux avec réussite.

Une chose est sûre, l’ironie du titre se fait bien assez ressentir ! Dès le premier épisode, on parle viol, suicide, enlèvement, drogues… Le tout dans une atmosphère qui certes, ne surligne pas le pathétique, mais dans son authenticité, rend le visionnage assez dur (et ce n’est que le début). Il faut certainement prendre son temps entre chaque épisode pour que cela reste supportable et que cela n’entache pas de trop le plaisir à voir une série de qualité.

Les dialogues et l’interprétation aident en effet à croire immédiatement à ce qu’on regarde, et l’exposition ne suit jamais de chemins laborieux (judicieuse manière de brosser le portrait dans les premières minutes par exemple) : une fois l’épisode fini, on comprend déjà qui est notre personnage et ce à quoi elle doit faire face.

En deux épisodes, l’étau semble déjà se resserrer et comme dans beaucoup de cop shows feuilletonnants, on a l’impression que l’enquêtrice évolue dans un univers dont il faut peu à peu éclairer, comprendre et relier entre eux les indices. Forcément, comme on a accès à toutes les informations, l’expérience pour nous s’accompagne de frustration : on assiste à des rencontres, des croisements, jusqu’à voir Catherine frapper à la porte de la maison où la victime est retenue par le violeur qu’elle recherche. Pour le moment, la narration n’abuse pas de ces artifices et reste convaincante, une solidité d’écriture indispensable quand de l’autre côté, la violence est comme toujours possible, près d’exploser.

Bref, deux premiers épisodes convaincants, prenants, portés par un très bon cast et un récit bien mené.

Faking it, saison 1, épisode 1 (pilot)

Faking It. -©MTV
Faking It. -©MTV

Avec ce premier épisode, Faking It peine franchement à convaincre.

La série tient un concept, sorte de variation d’Awkward, en proposant un teen show avec ses codes narratifs, mais dont les rapports de force sont inversés, pour résumer : les minorités sont désormais populaires, et deux lycéennes, après une série de malentendus, se font passer pour des lesbiennes. À partir de là, c’est difficile d’entrer dans cette étrange et improbable zone dans laquelle il n’existe aucune violence oppressive, et c’en est gênant dans la mesure où la série l’admet sans rappeler à quel point c’est un univers parallèle. Finalement, une telle idée est si proche de l’expression de l’homophobie ordinaire (être LGBT, c’est être hype…), ainsi dépourvue de fond critique ou même subversif, qu’elle fait du visionnage une expérience de malaise bien plus que de comédie.

L’enjeu, que la série localise en conclusion dans le « faking it », trouve néanmoins son intérêt dans la possibilité d’évolution d’une héroïne. Il n’y a guère que cela pour nous donner envie de revenir dans ce pilot, cette portion de vrai dans ce monde impossible qui, en l’occurrence, pourrait donner lieu à des questionnements plus authentiques. Quant au reste, c’est une succession de mannequins sur fond musical agaçant, dans un rythme à la fois enlevé (bande-sonore oblige) et peu efficace (puisqu’on a du mal à s’intéresser), et il manque un peu de charme, un peu d’humour (deux ou trois répliques s’en rapprochent, de très loin), pour qu’on prenne vraiment plaisir à regarder.

Bref, si le cast et l’enjeu peuvent s’avérer intéressants, le concept et l’exécution sont plus embarrassants qu’autre chose.

 

Fargo, saison 1, épisode 1 (pilot)

Fargo. -©FX
Fargo. -©FX

Un excellent pilot pour Fargo !

Très franchement, on ne s’attend pas forcément à une telle réussite lorsqu’on a affaire à une série basée sur un film, dont la qualité est par ailleurs reconnue. Nous y voilà finalement, pris par surprise, à apprécier ce premier épisode comme une sorte de reprise, d’emprunt, de variation qui ne copie-colle rien du film, et en garde pourtant l’atmosphère, le ton, et la qualité des dialogues. On reconnaît Fargo, et on sait qu’on ne regarde pas Fargo, le film.

D’une durée de plus d’une heure, ce premier épisode ne joue pas de ralentissements de l’intrigue et au contraire, travaille bien son rythme et sa progression narrative vers ce moment culminant du meurtre. La construction exemplaire joue toutefois d’une certaine facilité en faisant du personnage de l’épouse une caricature insupportable là où les autres, même Lester, disposent tous d’une écriture bien plus en demie-teinte, facilitant la satire sans verser dans l’excès ; quand l’intrigue rend bien cette sorte de possible dérapage, en faisant se rencontrer drame et policier, comédie et thriller, ce principe là qui tend à « expliquer » l’acte  de Lester, dans des formes agaçantes, détonne un peu. D’ailleurs, à l’inverse, cette balance étrange et drôle entre comédie-c’est-pour-rire et noir-je-te-prends-au-sérieux est superbement illustrée dans la scène de l’hôpital, la rencontre de Lester et Malvo (formidables Freeman et Thornton qui devraient offrir un excellent duo), génial moment dont l’humour repose sur ce sentiment d’improbable que confère la réunion du type lambda, pathétique (pathétique aussi parce que se sachant pathétique, ce qui nous évite naturellement aussi bien l’apitoiement que l’attachement) et le tueur imperturbable.

Si le changement concernant le shériff est quant à lui un peu agaçant au départ, le parti pris devrait au moins changer la donne en privilégiant l’évolution du personnage féminin maintenant en charge de l’enquête. Pour le reste, il n’y a de toute façon guère de comparaison à faire dans l’intrigue, mais on ne peut que saluer la réussite avec laquelle l’atmosphère est restituée, aussi bien par le jeu des acteurs que par la réalisation, la bande originale, l’écriture même, au point qu’on est à la fin véritablement convaincu que oui, cette série peut exister et oui, elle peut être incroyable.

Bref, un très bon pilot, dense, assez fascinant, remarquablement interprété : vivement la suite !