Masters of Sex, saison 2, épisodes 2 et 3

Masters of Sex. -©Showtime
Masters of Sex. -©Showtime

 Deux épisodes très réussis de Masters of Sex.

Le deuxième épisode confirme encore la régularité de la qualité de la série. Quand on aurait pu croire que le sujet finirait par s’épuiser et s’étirer sur du vide, on est constamment détrompé par le récit lentement déroulé par Masters of Sex. Il fallait bien pour cela des personnages d’une densité et complexité fascinante, comme Bill qui, quand il est détestable, ne l’est jamais au point de rendre la série insupportable, dans la mesure où il reste incroyablement bien écrit et joué. Par ailleurs, le cas d’une patiente mineure et à côté de la maladie de Lillian fournissent matière à développements soit intéressants, soit émouvants, tandis que le personnage de la nourrice est introduit avec une franche réussite – formidable petite scène dans laquelle le rapport de force raciste est inévitablement rappelé. Le retour de Betty est une bonne idée, de même que l’entrée comique de Barbara : le contexte de cette saison est manifestement bien cerné.

Le troisième épisode, sous forme de huis-clos, se propose d’en dire plus sur Bill, en interrogeant avec la subtilité habituelle de la série les contradictions du personnages, principalement vis-à-vis de la virilité. Parfois, ça a quelque chose de la démonstration – le parallèle avec le match de boxe -, mais franchement, à partir du moment où ça marche aussi bien au niveau émotionnel que dramatique et que ça fait jouer les questions de rapports de force, vécus sociaux, injonctions au niveau du couple ou de l’impact réel voire physique sur une vie, on ne peut que reconnaître la qualité. Après tout, c’était le bon moment pour nous donner accès à la chambre d’hôtel où ils se retrouvaient, de piquer l’espace d’un épisode cette bulle professionnelle qui laisse beaucoup moins filtrer les sentiments de chacun. La manière dont les dialogues s’enroulent dans le jeu de rôle jusqu’à la vérité est certes prévisible, mais l’exécution reste quoi qu’il en soit brillante.

Peu à peu, on voit où l’épisode veut en venir en intégrant l’intrigue hospitalière, mais c’est peut-être moins convaincant, encore que cela permette de donner du poids à la nuit dans la chambre en prolongeant les émotions de Bill sur la scène professionnelle. À ce stade, il est également clair que Bill est au centre de l’attention, tant il est plein de contradictions et donc propre à évoluer, ainsi qu’à mettre en perspective intime les problématiques abordées par la série, et il est peut-être dommage qu’on ait d’un côté un personnage plus ou moins fixé dans ses positions et de l’autre un Bill Masters difficile à cerner, le déséquilibre guette quand l’approche est presque exclusivement privée.

Bref, deux épisodes qui se regardent avec le même plaisir, d’une très grande qualité.

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Masters of Sex, saison 2, épisode 1

Masters Of Sex. -©Showtime
Masters Of Sex. -©Showtime

Un bon retour pour Masters of Sex !

À son rythme, cet épisode revient sur les événements de la fin de saison précédente en intégrant des flashbacks, avec variations de points de vue. Si dans un premier temps, le procédé ne donne pas l’impression d’être si pertinent, une fois l’heure passée, il est clair qu’il était très bien vu d’alterner ainsi les versions de la nuit chez Virginia. La relation entre les deux personnages est toujours aussi complexe, n’évacuant pas son biais professionnel et les problématiques qui en découlent, elle est véritablement le tour de force de la série tant elle exige un traitement subtil. De fait, Masters of Sex confronte Virginia au harcèlement qu’elle subit désormais au travail, mais interroge de surcroît le rapport de force entre elle et Bill, en juxtaposant d’un côté le point de vue sentimental de Bill, et de l’autre celui professionnel de Virginia : un dispositif moins fréquent qui, forcément, déstabilise le médecin et donne lieu à ce dialogue final incroyable de justesse.

Bill est pris à son propre piège, ne l’assume pas, et retourne la situation pour à nouveau prendre l’ascendant sur Virginia et replacer une relation dans un contexte qu’il a pourtant lui-même quitté. C’est en définitive passionnant et très fin, bien que cette sorte de bulle soit condamnée à éclater et si possible dans les prochains épisodes ; la limite est très fine entre une écriture qui donne aux personnages une présence et une qui permet le recul nécessaire pour juger des implications de cette relation. L’intrigue présente consiste quant à elle à projeter de nouveau ses personnages, c’est fait et on n’attend plus que de voir l’étude reprendre à son tour. Ce qui tourne autour de Barton est enfin très fort, et il faut reconnaître à tout le cast son talent évident.

Bref, un nouvel épisode réussi pour ce début de saison 2.

 

Masters of Sex, saison 1, épisode 2

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Un deuxième épisode qui confirme la réussite du pilot.

C’est du même ordre que le premier, on n’aura plus qu’à espérer une constance égale par la suite. La série tient tête à son sujet avec finesse, n’édulcorant pas, ouvrant de plus en plus les perspectives, privées, professionnelles, sociales, révélant un potentiel drama impressionnant. Tous les personnages héritent d’une présence forte et d’une certaine profondeur, attachants, détestables, parfois tout à la fois, tandis que le duo principal se fait moins « harmonieux ». Avec sa proposition en fin de pilot, la série aurait pu sombrer, et pourtant, elle trouve pour le moment le ton adéquat : la relation Masters/Virginia est écrite dans ce qu’elle a de désormais gênant, comme un rapport de force, du harcèlement, et c’est bien entendu le personnage masculin qui en pâtit le plus.  Il est ici dépeint dans sa lâcheté et son ignorance, quand les personnages féminins deviennent des contrepoints de résistance vis-à-vis de ces deux défauts : Ethan et l’autre docteur ne sont pas épargnés non plus.

Masters of Sex maintient également son rythme, lent mais jamais ennuyant, et sa narration rigoureuse. Les limites sont déjà brouillées, la science se répercute sur le privé, et vice-versa, rien n’est forcé ni ne déjoue l’équilibre instauré jusque là ; sans oublier que la série n’oublie pas son époque non plus.

Bref, très enthousiasmant !

Masters of Sex, saison 1, épisode 1 (pilot)

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Un premier épisode réussi pour la nouveauté de Showtime.

Il y avait de quoi nourrir des craintes pour un tel sujet, et finalement, elles auront été chassées rapidement à la vue du pilot. Le traitement est sobre, jamais racoleur, jouant de cet enjeu de porosité des frontières entre science-objectivité/sexe-intimité avec réussite, autant sur le plan plus personnel (la relation Virginia/Ethan) que sur le plan professionnel. Les deux perspectives auront ici réussi à poser de cette façon, avec subtilité, l’importance des recherches pour l’avenir dans un certain contexte social ; on sent d’ailleurs parfaitement qu’on est dans les années 50, quels sont les enjeux et quelles seront les conséquences possibles pour chacun, de quoi rendre la série intéressante sur la durée.

En ce qui concerne le pilot, c’est une réussite en soi. La narration est étonnamment fluide, grâce à un rythme qui s’accélère après une petite mise en place, l’exposition n’est jamais trop artificielle ou évidente, les personnages sont bien saisis, a priori complexes, les interactions prometteuses et l’interprétation impeccable… En vérité il n’y a pas grand chose à redire sur ce pilot si ce n’est qu’il place la barre haut pour la suite !

Bref, un premier épisode très plaisant et solide sur tous les plans.