Fargo, saison 1, épisode 10 (season finale)

Fargo. -©FX
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Un finale à la hauteur pour Fargo.

Après 9 très bons épisodes, Fargo s’offre une conclusion digne de ses ambitions. La tension était à son sommet dans l’épisode précédent, il semble presque ici qu’on ait plutôt affaire à la chute, tant Lester comme Lorne se retrouvent dans une impasse. La confrontation attendue donne lieu à une scène quasi comique, assez courte, dont Lester sort vainqueur ; l’épisode opère par ailleurs dans ce finale par variation du motif de la proie et du chasseur, jusqu’à ce renversement final inattendu. Curieux choix tout de même, qui écarte franchement Molly de l’intrigue, pour en plus s’appuyer sur un énième jeu de coïncidence… sans compter que la narration faisant intervenir Gus pour ensuite l’évacuer du devant de la scène sans explication, on comprend et devine bien quelle sera l’issue, dommage !

La série ne sombre pas dans le cynisme absolu, ni dans la satire, une facilité qu’elle aurait pu embrasser en guise de conclusion ; on ne déteste pas Bill, et quiconque a entravé l’enquête, on n’a pas de pitié pour Gus devenu postier, on les comprend, ordinaires comme nous sommes ordinaires, qui auront pris le risque de voir le monstre. Le discours de Bill rend compte de ce qu’a dit aussi cette saison, on regarde par dessus son épaule, et qui dit qu’un Lester n’est pas un Lorne déguisé ? En faisant exister les deux simultanément, Fargo a mis en scène une sorte de collision entre le fantasme du pouvoir absolu et la réalité de sa violence absurde, générant avec le décor enneigé cette ambiance trouble d’entre-deux, qui fait dans le finale s’interroger l’un des agents du FBI : est-ce un rêve ? Juste avant d’être tué ! C’est sans doute dans ce trouble là qu’elle se distingue des autres qui auront proposé un récit similaire, si bien maintenu qu’il ne nuit pas à la qualité de l’histoire même, ni à celle des personnages, ou encore des scènes folles auxquelles on a eu droit ici et là.

Fargo est toujours aussi agréable à regarder, la réalisation, simulant quelquefois sur ces lents mouvements de caméra d’une pièce à l’autre, pour finir cette intrigue sur un superbe plan en plongée de Lester courant sur la glace, ainsi que la bande-originale, le décor, les trouvailles dans les dialogues, lui auront donné son identité et tout son charme.

Bref, un finale réussi pour cette excellente surprise de la saison qu’est Fargo.

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Fargo, saison 1, épisode 9

Fargo. -©FX
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Un épisode très intense de Fargo.

Après le huitième épisode plutôt calme, celui-ci maintient une tension folle du début à la fin, promesse d’un grand finale à venir. Les choix de narration sont exemplaires, notamment cette entrée, résumé fluide et efficace des derniers mois de Lorne Malvo, qui joue d’abord la confusion pour finalement lever le rideau dans un dernier temps sur les véritables intentions du tueur. Il y a par ailleurs quelque chose d’agréable à être parfois dans le trouble vis-à-vis des personnages ; l’intérêt étant qu’ils ne sont ainsi pas fixés, Lester en premier lieu, qui par trois fois aurait pu tourner le dos à Lorne, mais s’y refuse et provoque la rencontre, se condamnant à la fuite. À ce moment-là, il n’y a vraisemblablement rien de raisonnable à agir de la sorte, mais c’est le nouveau Lester, insupportable, terrible personnage, qui semble avoir besoin de se rappeler qu’il n’est plus l’ancien Lester.  D’ailleurs, n’est-ce pas justement ce narcissisme permanent qui ne peut faire de lui un Lorne bis et qui oblige l’un à se débarrasser de l’autre pour continuer de vivre en paix ?

Dans cette scène de rencontre, ce qu’est Lorne pour Lester, Lester l’est pour Lorne, une percée monstrueuse dans l’image de la réussite ordinaire ; le dialogue et l’interprétation, au restaurant, puis dans l’ascenseur, sont formidables, attisant la tension sous couvert de non-dits et de regards. Dans l’ascenseur, idée géniale d’un mini huis-clos, la mise en scène met les deux hommes dans une même bulle, jusqu’à explosion, comme en reprise littérale de la fameuse image de Shining, la vague de sang jaillissant de l’ascenseur.

Dans l’ensemble, l’épisode a recours aux procédés aussi bien classiques que parfaitement efficaces pour travailler la tension, en multipliant par exemple les presque-rencontres de ses personnages, en accélérant le rythme, en introduisant des contretemps… Tout, l’espace, le temps, les personnages, semble se resserrer de plus en plus. Après l’ellipse d’un an, cette nouvelle effervescence nous fait aller dans une seule direction, vers un finale chaotique, qu’on attend donc avec impatience.

Bref, un grand épisode de Fargo !

Fargo, saison 1, épisode 8

Fargo. -©FX
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Un épisode audacieux de Fargo.

Une telle ellipse à ce moment là de la saison est une réelle prise de risque, à la fois inattendue et tout à fait préparée dans cet épisode. La scène qui doit sans doute nous en rendre compte avant coup, c’est celle qui oppose une nouvelle fois Oswalt et Molly, et dit tout simplement que l’enquête et la marge de manoeuvre de Molly ne sont plus juste limitées, mais définitivement empêchées. Le jeu de Allison Tolman à ce moment-là est d’une justesse impressionnante, en peu de choses, l’impuissance évidente est marquée, et suffisamment pour qu’on comprenne avec elle que c’en est fini et qu’il faut lâcher prise. À cela succèdera la scène qui confirme avec un certain sens de la cruauté cette impasse, en montrant d’une part un Lester à son aise dans son lieu de travail, saluant et souriant à Molly, qui elle l’observe de derrière la vitrine : dans le silence, on ressent ce même « this is wrong », nul besoin de compliquer les choses, c’est limpide et efficace.

En fait, dans cet épisode, tout se règle pour les villains, Lester et Lorne, d’où la nécessité d’une ellipse qui proposerait une nouvelle situation, propice à nouveau au dérèglement. Maintenant, cela donne lieu à un épisode qui du coup, n’est pas des plus prenants, ne dispose pas de « grande scène », et parfois semble donc ne faire que constater ; ce qui n’est évidemment pas un mal non plus quand on approche de la fin de saison. En revanche, il est difficile à ce stade de ne pas haïr viscéralement Lester, désormais villain accompli, insupportable, dont l’image tient encore, arrive même à la « réussite sociale »… Ce n’est pas forcément très fin de la part de la série, de dresser le tableau de sa réussite en passant dans l’immédiat (puis par le trophée du meilleur vendeur) par son succès nouveau auprès des femmes, cela donne quelques moments plus irritants qu’autre chose, a fortiori quand le Lester pré-meutre s’apparentait au « nice guy » qui ne récoltait pas la même attention. La rencontre avec Lorne quant à elle fait ressurgir cette ombre de son passé qui fragilise forcément cette réussite, et Freeman comme Tolman en disant long par un regard.

Bref, un épisode dans lequel Martin Freeman et Allison Tolman font une nouvelle fois preuve de leurs talents.

Fargo, saison 1, épisode 7

Fargo. -©FX
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Un épisode intéressant mais moins percutant que le précédent.

Lester n’embrasse définitivement pas une trajectoire morale et au contraire, est amené ici à complètement assumer son acte, pour s’y complaire dans une sorte de triomphe narcissique. Si la progression du personnage suit peut-être la direction la plus attendue, elle n’en reste pas moins intéressante ; il est bien vu de faire en sorte que le personnage, par exemple, tire parti de sa banalité pour mieux s’en sortir. Dans tous les cas, cette limite franchie pour de bon, Lester devient le plus insupportable des personnages et par contraste, Molly le plus attachant, au point que la série semble s’obliger à une conclusion qui fixerait le destin de ces deux là (si possible de manière positive !).

Après 7 épisodes, on est peut-être moins impressionné par Lorne, précisément trop impressionnant, au point d’être écrit sans histoire, ni évolution, le personnage « type » séduit alors encore par l’inventivité de la mise en scène lors de cette séquence finale.

Bref, un épisode qui se positionne sur Lester et propose encore de belles séquences et des pointes d’humour.

Fargo, saison 1, épisode 6

Fargo. -©FX
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Un très bel épisode de Fargo !

La série progresse sans trop de contretemps, en évitant par exemple de retarder la découverte de la pression de Malvo sur Gus pour au contraire mieux l’utiliser comme ressort dynamique à l’enquête du duo de policiers. Le binôme est véritablement attachant, versant par moments dans le registre romantique, il est de plus en plus lié et on ne peut qu’avoir envie de les suivre ; ce qui rend alors la fin d’épisode d’autant plus percutante, de surcroît soigneusement préparée dans la conversation qui précède leur sortie. Et ce dernier temps, parlons-en… Quel grand moment ! Superbement mise en scène, cette séquence est fascinante à regarder, le blizzard opérant comme de l’ouate sur la violence de l’action, commencée chez Chumph, poursuivie toujours autour de Malvo, qui cette fois est la proie (mais pas pour longtemps).

Il fallait peut-être cela pour nous épargner, quand on voit combien cet épisode est sombre et cruel : curieusement, c’est peut-être la première fois qu’on ressent la « cruauté » d’ailleurs, alors qu’auparavant, Malvo pouvait encore passer à nos yeux pour un personnage qui évoluait en quelque sorte dans un registre où ces valeurs n’avaient pas de sens, il est plus difficile ici, malgré toute la distance que construisent aussi bien l’écriture de sa victime Chumph que l’espèce de calme impassible de Lorne, de ne pas être saisi devant l’agonie qu’il lui impose de vivre, avec le sourire satisfait du travail accompli sur la fin. C’est sans doute au moment où la victime prend conscience du danger, et essaie donc de survivre, qu’on ressent effectivement la cruauté d’un personnage, et pas simplement celle d’un hasard et de ses apparences divines comme il arrive dans  les deux autres intrigues où meurent des personnages. Ce qui jusque là fonctionnait presque comme une base de comédie noire, le retard, voire l’incapacité du personnage à comprendre ce que trame Malvo, tout en lui signalant les indices par questions répétées, prend la forme d’une ironie tragique dans cet épisode.

En parallèle, Lester fait du Lester en pire, et y arrive avec succès, bien qu’on se doute qu’un tel stratagème ne peut tenir très longtemps. C’est toujours intéressant de voir un tel personnage, banal, rester finalement banal après son crime : Martin Freeman excelle dans le rôle et nous montre ainsi un homme qui semble n’avoir pas de regrets et chercher simplement à survivre, échapper à la prison, tout en ayant des idées somme toute dirigées par ses sentiments rancuniers (?) envers son frère.

Bref, un  épisode d’un dernier temps magnifique, globalement sombre et toujours intéressant.

Fargo, saison 1, épisode 5

Fargo. -©FX
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Encore un très bon épisode de Fargo.

La qualité reste constante, à cette moitié de saison, et quelques intrigues semblent déjà approcher de la fin. Ainsi celle concernant le chantage paraît bouclée, et l’enquête policière trouve un nouvel élan grâce à l’éclair de lucidité du chef de police. Les quelques éléments inventifs de l’épisode sont quant à eux intéressants, bien que le cas du voisin aux dialogues obscurs, pour suivre encore la fausse veine religieuse d’une partie de l’histoire, ne soit pas des plus réussis. Ce sont alors d’autres scènes qui font effet, notamment grâce à une réalisation bien vue : à deux reprises Grimly se retrouve dans le champ de vision de Malvo, et chaque fois, que ce soit par ce flash des phares ou par la caméra qui, faisant face au policier, enlève Malvo à notre vue, les images sont percutantes.

C’est par ailleurs intéressant de faire se resserrer l’étau simultanément sur Lester et sur Gus, dans une progression qui tend à réduire peu à peu la distance qui les sépare tous (Lester se retrouve en cellule, puis à l’hôpital dans une chambre proche de celle de la veuve d’une des victimes, Grimly près de Lorne sans encore comprendre…) en même temps que les indices prennent de plus en plus forme ; l’intensité s’en ressent alors que le rythme est encore lent. Par ailleurs, Malvo semble parfaitement intouchable et l’inversion qui fait porter le danger sur les policiers plutôt que sur lui est frappante, efficace également en ce que Lester devient le chaînon qui fait lien entre tous.  Autrement, on a encore droit à de bons morceaux d’humour, même si moins fins par moments (Lorne et le talkie walkie rose), et peut-être les premières erreurs de Molly dans ses hypothèses qui font sens, Lorne Malvo constituant l’espèce de point insoluble/sans explication à la question « comment tout a commencé ».

Bref, un épisode plaisant dans lequel la tension se met en place.

Fargo, saison 1, épisodes 3 et 4

Fargo. -©FX
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Fargo maintient son excellente qualité.

La série se regarde encore très agréablement, l’atmosphère et le rythme facilitent l’immersion du début à la fin tandis que quelques moments d’humour ponctuent le récit avec efficacité. Le talent dans l’écriture des dialogues est évident, en plus porté par des interprètes géniaux, par exemple, dans l’épisode 3, dans cette scène de dîner où peuvent exceller Colin Hanks et Allison Tolman, ou encore dans l’autre scène de dîner, durant laquelle une conversation fait se succéder pointes comiques et retournements dramatiques. Tous les dialogues sont dramatisés au point de fournir des séquences formidables d’amusement et de suspense à la fois.

C’est également plaisant de voir que la série ne fonctionne pas tant par la frustration : chacune des intrigues progresse, à son rythme, le personnage de Tolman réjouit par sa persévérance et son intelligence, peu à peu, on s’attache complètement à cet univers. Finalement, Lester en pâtirait presque, quand tous les autres sont excellents.

La série, après ce cap des quatre épisodes, deviendrait presque déjà addictive ! En fondant un vrai grand personnage en la personne de Lorne Malvo, personnage de villain qui est aussi fascinant en ce qu’il nous échappe complètement et se pose progressivement en mythe, la série ne cesse de nous surprendre. La narration qui donne à chacun son intrigue séparément, est en même temps d’une dynamique très prenante, puisque tous sont mêlés et que par ailleurs l’enquête progresse réellement.

Dès lors on va au rythme qu’ils vont sans anticiper de trop les actions, les plans et les démarches de chacun, et avec le plaisir que procure toujours l’habillage, le jeu d’acteur, la bande-sonore, les dialogues et l’humour spécifique à son univers. Lester est quant à lui bousculé de part en part, dans une position passive à laquelle on ne s’attendait pas forcément ; de fait on espère maintenant que les lignes se recroiseront rapidement.

Bref, deux épisode toujours très convaincants.

Fargo, saison 1, épisode 2

Fargo. -©FX
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Après un excellent pilot, Fargo confirme sa réussite dans ce deuxième épisode.

Moins long et moins dense, cet épisode ne ferme aucune de ses intrigues et ouvre au contraire les perspectives de la saison. Option déstabilisante, quand parfois on n’a droit qu’à un peu de certains personnages (Colin Hanks…), mais qui s’accompagne d’un rythme et d’une ambiance propres à éviter l’ennui. C’est même une expérience étrange que de regarder Fargo, les dialogues ne cessent de rappeler la violence et pourtant, l’épisode même a quelque chose d’apaisant et de lentement fascinant : la bande sonore, les silences, le décor, les plans y contribuent.

Les points forts sont les mêmes que ceux du pilot, ainsi confirmés, de l’interprétation au soin des dialogues, il n’y a rien à redire sur la forme non plus, Fargo impressionne. Les intrigues sont lisibles et la plupart devraient être intéressantes principalement pour ce qu’elles feront des personnages : l’enquête policière par exemple, devenue frustrante, donnera à voir l’évolution de Molly, seul personnage avec lequel on peut avoir une sorte de relation plus affective. Du côté de Lester, c’est sûrement le flou de son évolution qui rend précisément le personnage intéressant, et pour ce qui est de Lorne, c’est son originalité même qui fait qu’on ne peut déjà plus s’en passer. Enfin l’introduction des deux autres personnages est satisfaisante, le couple formé est encore atypique et donne lieu à de bonnes scènes.

Bref, un bon deuxième épisode.

Fargo, saison 1, épisode 1 (pilot)

Fargo. -©FX
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Un excellent pilot pour Fargo !

Très franchement, on ne s’attend pas forcément à une telle réussite lorsqu’on a affaire à une série basée sur un film, dont la qualité est par ailleurs reconnue. Nous y voilà finalement, pris par surprise, à apprécier ce premier épisode comme une sorte de reprise, d’emprunt, de variation qui ne copie-colle rien du film, et en garde pourtant l’atmosphère, le ton, et la qualité des dialogues. On reconnaît Fargo, et on sait qu’on ne regarde pas Fargo, le film.

D’une durée de plus d’une heure, ce premier épisode ne joue pas de ralentissements de l’intrigue et au contraire, travaille bien son rythme et sa progression narrative vers ce moment culminant du meurtre. La construction exemplaire joue toutefois d’une certaine facilité en faisant du personnage de l’épouse une caricature insupportable là où les autres, même Lester, disposent tous d’une écriture bien plus en demie-teinte, facilitant la satire sans verser dans l’excès ; quand l’intrigue rend bien cette sorte de possible dérapage, en faisant se rencontrer drame et policier, comédie et thriller, ce principe là qui tend à « expliquer » l’acte  de Lester, dans des formes agaçantes, détonne un peu. D’ailleurs, à l’inverse, cette balance étrange et drôle entre comédie-c’est-pour-rire et noir-je-te-prends-au-sérieux est superbement illustrée dans la scène de l’hôpital, la rencontre de Lester et Malvo (formidables Freeman et Thornton qui devraient offrir un excellent duo), génial moment dont l’humour repose sur ce sentiment d’improbable que confère la réunion du type lambda, pathétique (pathétique aussi parce que se sachant pathétique, ce qui nous évite naturellement aussi bien l’apitoiement que l’attachement) et le tueur imperturbable.

Si le changement concernant le shériff est quant à lui un peu agaçant au départ, le parti pris devrait au moins changer la donne en privilégiant l’évolution du personnage féminin maintenant en charge de l’enquête. Pour le reste, il n’y a de toute façon guère de comparaison à faire dans l’intrigue, mais on ne peut que saluer la réussite avec laquelle l’atmosphère est restituée, aussi bien par le jeu des acteurs que par la réalisation, la bande originale, l’écriture même, au point qu’on est à la fin véritablement convaincu que oui, cette série peut exister et oui, elle peut être incroyable.

Bref, un très bon pilot, dense, assez fascinant, remarquablement interprété : vivement la suite !