Really, saison 1, épisode 1 (pilot)

Really. -©Amazon
Really. -©Amazon

Un pilot qui ne génère guère d’enthousiasme.

L’épisode en lui-même est pourtant très fluide, porté par un bon cast et un naturel constant, mais il faut déjà bien vouloir s’intéresser à la vie de ces quelques couples pour finalement y trouver son compte, tant on est loin de la comédie. Le ton est même étrange, quelquefois près du malaise, au point qu’il suscite presque une attente plus commune aux séries dramatiques qu’aux comédies, non pas du gag, mais de quelque événement qui viendra bouleverser la vie des personnages (j’en étais presque à croire que l’un allait mourir dans le pilot, c’est dire).

Maintenant, la série veut bien oser parler sexe et croit peut-être ainsi éviter les traitements plus clichés des couples mariés, mais n’y échappe pas tant que ça en définitive et nous compile une série de stéréotypes (dans la première partie surtout) pour conclure sur un enjeu qui franchement, ne parvient pas à donner envie d’y revenir.

Bref, une entrée en matière peu convaincante.

 

 

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Wilfred, saisons 1et 2

Wilfred. -©FX
Wilfred. -©FX

Comme le veut la loi de l’été : il n’est jamais trop tard pour rattraper des séries. Encore que je n’ai pas commencé Wilfred, la comédie de FX, remake de la série australienne du même nom, cet été, mais il y a quelques mois, et il m’aura fallu un peu de temps pour venir à bout des 13 épisodes de la saison 1. C’est peut-être de celles qu’on peut mettre de côté quelque temps, pour y revenir avec le même plaisir, en tout cas, Wilfred ne connaît pas d’équivalent et ne s’abandonne pas si facilement. C’est l’histoire d’une amitié entre Ryan et Wilfred, le chien de sa voisine, qu’il voit comme un homme déguisé après sa tentative de suicide. Qui oserait ?

Et honnêtement, l’expérience en soi est amusante, troublante, tant Wilfred joue avec génie de la fameuse suspension de crédibilité, jusqu’à en faire un principe de comique-bizarre permanent. Elle n’est pas franchement drôle – elle peut l’être dans ses scènes qui accompagnent le générique de fin -, il faut se faire au potache et au trash, mais elle est incroyablement attachante. Cette relation qui d’une certaine façon, va de soi, est très touchante quand elle devient l’enjeu véritable de la série, tant elle dit ce qui reste dans l’ombre : la folie de Ryan. Rien n’interdit une lecture purement « rationnelle », malgré le point de vue adopté qui est bien entendu celui de Ryan, et à vrai dire, l’émotion qui se dégage insensiblement de la série dépend entre autres de cet écart entre ce qu’on voit avec Ryan, et ce que ça pourrait signifier pour lui. Wilfred n’est pas loin d’être une comédie réconfortante également parce qu’elle nous épargne tout jugement, et préfère raconter cette histoire d’amitié insolite qui, manifestement, ressemble à un sauvetage complètement barré de Ryan par son acolyte.

Les petites aventures de Ryan et Wilfred sont généralement divertissantes, principalement parce qu’elles se glissent dans une faille improbable des scènes de la vie quotidienne d’une banlieue et donnent lieu par là-même à des séries de rebondissements inattendus. Après tout, la série s’est donné le droit de tout oser à partir du moment où elle a décidé de mettre en scène ce « chien » incarné par cet homme à l’accent australien ! Mais puisque la qualité est là, notamment dans les excellents dialogues entre les deux protagonistes, on ne boude pas son plaisir.

Wilfred. -©FX
Wilfred. -©FX

Dans sa deuxième saison, Wilfred se fait plus sombre et malgré des débuts laborieux, elle livre quelques superbes épisodes. Le choix de coincer Ryan dans un travail de bureau n’était certainement pas la plus heureuse des décisions, mais la série a su corriger le tir rapidement et recentrer ses intrigues avec le même minimalisme efficace qu’en première saison, dans la cave (réelle ou non) de Ryan. On peut également saluer la mise à l’écart de Jenny, bien que l’arrivée d’Amanda n’ait pas forcément si bien tenu ses promesses, notamment dans un finale qui consacre son départ d’une manière saugrenue mais décevante.

La saison 2 est beaucoup plus émouvante que drôle, principalement dans ses chutes d’épisode amères qui semblent suivre une trajectoire plus claire et intéressante qu’en saison 1, à savoir aller au cœur de la détresse de Ryan, la mettre au jour, la nommer, l’assumer et continuer. Wilfred, imprévisible en saison 1, se fait presque évident dans le dernier temps de cette saison, c’est lui qui aide Ryan à sa façon, et « quand il est prêt ». Les intrigues tournent autour d’enjeux latents sans cesse repoussés : le père de Ryan et « what is Wilfred », sans aller jusqu’à répondre, mais en franchissant plusieurs étapes qui font que cette saison permet à Ryan d’évoluer envers et contre tout, d’être quelque part plus lucide qu’il ne l’a jamais été.

Bref, la première saison de Wilfred est étonnante et attachante, généralement très inspirée, elle est toujours agréable à suivre. La deuxième perd en inspiration et comique ce qu’elle gagne en justesse et émotion, un tournant non exempt de défauts mais qui donnera lieu à de très beaux épisodes (le 8 !).

You’re The Worst, saison 1, épisode 1 (pilot)

You're The Worst. -©FX
You’re The Worst. -©FX

Un premier épisode réussi, mais qui fait un pari auquel on peut ne pas adhérer.

Cette sorte de confrontation entre des ingrédients anti-romcom et une intrigue qui s’y dirige envers et contre tout n’est pas une première, de même que l’entrée par un mariage sous le point de vue d’un « cynique ». Néanmoins, You’re The Worst ne semble pas pour autant chercher à convertir ses personnages et préfère raconter la possibilité de leur propre romance pour le moment, et dans ce pilot fluide, cette relation prend forme avec une légèreté et évidence déconcertante, également facilitée par le bon cast. Très franchement, il n’y a guère à redire sur l’écriture, mais on peut ne pas y trouver son compte pour autant.

Dans l’idée que l’addition de deux caractères toxiques pourrait en quelque sorte les annuler – voir la jolie dernière scène au téléphone -, You’re The Worst s’apprécie sans doute à la condition qu’on passe outre le fait que ses personnages sont tout bonnement méchants et à la limite du supportable (et ça convoque un type d’humour particulier aussi…). Il y a quelque chose de misérable chez chacun d’eux, relativisé en partie par des personnages secondaires : le colocataire et l’enfant, deux idées certainement pas novatrices mais manifestement indispensables. Difficile en tout cas pour le moment d’imaginer s’attacher à la série…

Bref, un premier épisode à la fois bien écrit et déconcertant. À voir ce que ça donnera sur la durée sans doute.

Faking it, saison 1, épisodes 2 et 3

Faking it. -©MTV
Faking it. -©MTV

Deux épisodes corrects de Faking It.

Après un pilot peu engageant, la série trouve son rythme dans ces deux épisodes. Le concept problématique est en partie relativisé par l’authenticité des questionnements d’Amy, et par la présence d’un autre contexte, familial, manifestement homophobe. Néanmoins, Faking It traverse encore ses problématiques et semble y voir plus un prétexte à humour creux qu’à réflexion, notamment dans cette séquence de « fake coming out » (sérieusement… ?) qui semble fournir matière à comédie quand elle est surtout un moment de malaise. D’ailleurs, on n’en parlera même plus… Et pourtant l’évolution d’Amy et la relation avec Karma gagne en intérêt, et la série trouve quelques bons dialogues qui évitent de prendre le parti de l’une ou de l’autre ; la série comme teen drama n’est pas si mal vue quand elle aborde ainsi des enjeux en apparence superficiels (le love interest…).

Après trois épisodes, Liam passe de l’abruti insupportable à oh-peut-être-plus-que-ça, on ne sait pas exactement où on va et ce qu’il en est du personnage ; en revanche, le duo Amy/Shane s’avère étonnamment attachant, promesse d’une amitié complice et de possibles bons traits d’humour. Ceux-ci se font encore rares, même si c’est toujours affaire de subjectivité, il manque aux bonnes répliques le tempo qui va avec pour qu’elles fassent effet.

Bref, la série est déjà plus intéressante, mais on a beaucoup de mal à lui faire confiance, espérons néanmoins qu’elle saura trouver sa voie malgré son point de départ problématique.

 

Faking it, saison 1, épisode 1 (pilot)

Faking It. -©MTV
Faking It. -©MTV

Avec ce premier épisode, Faking It peine franchement à convaincre.

La série tient un concept, sorte de variation d’Awkward, en proposant un teen show avec ses codes narratifs, mais dont les rapports de force sont inversés, pour résumer : les minorités sont désormais populaires, et deux lycéennes, après une série de malentendus, se font passer pour des lesbiennes. À partir de là, c’est difficile d’entrer dans cette étrange et improbable zone dans laquelle il n’existe aucune violence oppressive, et c’en est gênant dans la mesure où la série l’admet sans rappeler à quel point c’est un univers parallèle. Finalement, une telle idée est si proche de l’expression de l’homophobie ordinaire (être LGBT, c’est être hype…), ainsi dépourvue de fond critique ou même subversif, qu’elle fait du visionnage une expérience de malaise bien plus que de comédie.

L’enjeu, que la série localise en conclusion dans le « faking it », trouve néanmoins son intérêt dans la possibilité d’évolution d’une héroïne. Il n’y a guère que cela pour nous donner envie de revenir dans ce pilot, cette portion de vrai dans ce monde impossible qui, en l’occurrence, pourrait donner lieu à des questionnements plus authentiques. Quant au reste, c’est une succession de mannequins sur fond musical agaçant, dans un rythme à la fois enlevé (bande-sonore oblige) et peu efficace (puisqu’on a du mal à s’intéresser), et il manque un peu de charme, un peu d’humour (deux ou trois répliques s’en rapprochent, de très loin), pour qu’on prenne vraiment plaisir à regarder.

Bref, si le cast et l’enjeu peuvent s’avérer intéressants, le concept et l’exécution sont plus embarrassants qu’autre chose.

 

Broad City, pilot

Broad City. -© Comedy Central
Broad City. -© Comedy Central

Broad City, à l’origine une websérie, est une comédie de Ilana Glazer et Abbi Jacobson, sur la vie de deux jeunes amies à New York.

Il arrive qu’on se dise avant de la voir que telle série devrait nous plaire, et bien ce fut le cas pour celle-ci, et malheureusement le pilot m’a détrompée. Étrange indifférence devant un épisode d’une vingtaine de minutes, voire embarras devant des lines supposément drôles qui tombent à plat (est-ce un mauvais tempo ?) ou des scènes précisément de moments gênants qui peinent à transmettre autre chose que cette même gêne. Pourtant, l’interprétation est là, les références sympathiques… Mais sans énergie, sans charme, il est difficile d’avoir envie de s’investir dans ce pilot.

Bref, on espère une meilleure qualité pour la suite !

The Crazy Ones, saison 1, épisode 1 (pilot)

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Un premier épisode en demi-teinte pour The Crazy Ones.

Le pilot, rythmé, doté de quelques scènes efficaces, n’est pas non plus un grand plaisir en soi : le personnage de Robin Williams s’avère d’abord agaçant, l’alchimie entre le père et la fille n’est pas franchement convaincante/évidente, les bons sentiments en nombre n’ont paradoxalement jamais que l’authenticité d’une pub pour McDo et génèrent naturellement de l’intrigue prévisible.

C’est curieusement le personnage de Zach qui s’en sort le mieux dans le pilot, son duo avec le protagoniste fonctionnant à merveille (notamment lors des scènes « chansons »), sa personnalité étant juste ce qu’il faut d’excentrique et non limitée comme celle de l’assistante simplement bête (et qui hérite de répliques foireuses jamais drôles).

Bref, et ce générique, vraiment !

Brooklyn Nine Nine, saison 1, épisode 1 (pilot)

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Un premier épisode plutôt encourageant pour Brooklyn Nine Nine.

Malgré les situations, on ne rit pas franchement devant ce pilot (quoique ça dépendra de chacun), et on peut même rapidement s’agacer du comportement de certains personnages, le protagoniste en tête. Mais sans être un  grand moment d’humour, ce pilot trouve son rythme animé et son potentiel, sa fraîcheur, dans l’originalité de son univers policier. Interprétation et réalisation suivent et s’avèrent de bonne qualité.

Bref, un premier épisode ni spécialement drôle, ni ennuyant, qui se laisse agréablement regarder.

Trophy Wife, saison 1, épisode 1 (pilot)

vlcsnap-2013-09-14-20h04m47s22Un bon premier épisode pour Trophy Wife.

La série propose une entrée en matière drôle et solide. C’est déjà parfaitement maîtrisé comme pilot : on suit le point de vue d’un personnage pour découvrir cette famille, la scène d’introduction, nécessaire à cette construction, est ni trop courte, ni trop longue, tandis que très vite, on situe les personnalités de chacun. C’est là sans doute le charme de l’épisode, et probablement de la série, qui brosse un nombre tout de même conséquent de portraits, des parents aux enfants, en parvenant à poser déjà le potentiel de l’évolution des intrigues et relations et la forte personnalité de tous les personnages. On attend maintenant que celles-ci soient moins stéréotypées.

Tout s’imbrique bien, provoque le rire par moments, jouant des situations banales avec le bon tempo, multipliant également les petits moments d’humour : les hamsters, la rencontre avec la prof, le gosse qui fait du chantage… L’interprétation, certes inégale, est généralement convaincante et fait passer le comique sans difficulté.

Bref, rien d’exceptionnel à première vue, mais un bon moment.