Breaking Bad, saison 5, épisode 16 (series finale)

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Un dernier épisode touchant, qui n’est en revanche pas du niveau des meilleurs de la série.

C’est toujours émouvant de voir un series finale et celui-ci n’échappe pas à la règle : nostalgie et clins d’œil sont au rendez-vous, on nous a laissé le temps, ces deux derniers épisodes, de dire adieu aux personnages qu’on aime malgré tout. Ces cinquante minutes sont étrangement paisibles, sans la tension habituelle, comme si on avait de toute manière dépassé ce stade, image évidente de l’état de santé de Walt et de son acceptation de la mort. Les petits instants qui en disent long parsèment l’épisode, à travers des plans réussis, aussi simples qu’éloquents, comme celui où l’on voit Walt derrière la fenêtre, s’éloigner puis disparaître. Breaking Bad limpide, sans fioriture, sans excès, à l’instar de sa toute dernière scène.

Cela va pour le personnage aussi, enfin honnête, qui semble condenser tout ce qu’on a vu de lui, en mémoire des débuts de même qu’il assume ses véritables motivations : les dialogues  n’en sont que plus sobres et touchants. Là où ce finale déçoit peut-être, c’est dans le déroulement du plan, on a tant voulu préparer à la mort et offrir un départ paisible qu’il faut que rien ne fasse obstacle ; sauf que cela se voit un peu trop. La voiture, garée devant l’endroit où tous sont réunis, Walt qui entre chez Skyler sans difficulté (et sans explication), tous les éléments se disposent un peu trop bien pour aboutir à une fin, vraie fin, et sorte d’hommage au protagoniste et issue plus heureuse pour les autres.

Bref, adieu Breaking Bad.

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Breaking Bad, saison 5, épisode 15

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Un bon épisode pour Breaking Bad.

 Après l’éprouvant Ozymandias, cet épisode se propose plus lent, tout en réservant encore quelques à-coups. La partie consacrée à Walt fait même une drôle d’impression, dans ce décor et ces paysages inhabituels, avec ce rythme très étrange qui semble totalement détaché du temps de même que le personnage est complètement isolé, elle donne au visionnage, une fois de plus, une teneur curieuse et presque apaisante. La série nous prépare lentement à l’agonie de son protagoniste tout en jouant de son habituelle ironie dramatique puisqu’on sait bien qu’il reviendra à Albuquerque ; la structure de l’épisode, en miroir du précédent, en est que plus parlante.

À côté de ça, il faut subir la torture de Jesse, bouleversante, et une nouvelle scène choc : on va de plus en plus loin au point de ne plus savoir vraiment ce qu’on espère pour lui, tant la série travaille nos faux espoirs. C’est presque pénible à voir, tandis que la conversation Walt/Walt-fils assure l’émotion de l’épisode d’une manière plus humaine. Enfin, la conclusion de l’épisode, si elle fait reposer son mini-twist sur une coïncidence sans doute facile, ne peut que nous enthousiasmer pour le series finale.

Bref, un avant-dernier épisode réussi.

Breaking Bad, saison 5, épisode 14

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Un grand épisode de Breaking Bad.

Difficile de revenir sur un épisode dont l’expérience aura été franchement éprouvante : il a tout de la force d’un series finale avant l’heure et semble destiné à nous hanter de la même façon. On comprend, au fur et à mesure, qu’on assiste là au moment où tout bascule, quand jusque là on – Walt – était toujours hors-limites sans sembler tant l’être que ça, tout du moins en gardant un pied du côté de la normalité, c’est-à-dire de la famille : ici tout est évident, parfois dur à avaler (le dialogue de Walt-Skyler au téléphone aurait pu être « trop » si le talent de Cranston n’était pas là pour l’enlever à ses apparences plus caricaturales, puisque si on peut se faire avoir au premier coup, on y voit aussi un double-jeu de la part de Walt et Skyler) comme on nous dit clair et net que Walt est en quelque sorte maintenant « terminé » (on repense au flashforward, Heisenberg sur les murs de la maison familiale…)… pour finalement  le rappeler après la crise ! Habile de ne pas faire une conclusion sans mesure et  de confirmer la complexité d’un personnage pourtant « icône ».

La référence de l’épisode est claire et les plans frappants (le sens des détails) dans le désert font résonner la source : « ‘My name is Ozymandias, king of kings : / Look on my works, Ye Mighty, and despair !’, c’est véritablement tout d’un épisode apocalyptique dans lequel l’implosion ouvre sur toutes les révélations, au fils, à la police, etc… Plein de ces scènes attendues depuis le pilot même de la série, cet épisode ne manque pas son effet (incroyable lutte au couteau entre Walt et Skyler sous les yeux de Jr par exemple, et de nombreux plans forts comme la main serrée avec la croix gammée), et l’entrée en flashbacks aura rarement été aussi pertinente. Curieusement, Ozymandias n’est pas forcément éprouvant à ses premiers instants pourtant cruciaux et choquants, mais le devient, lentement mais sûrement, jouant d’ironie dramatique (comme la série dans son ensemble, on a l’impression d’être arrivé là où, comme téléspectateur, on savait qu’on arriverait), ne reculant plus du tout devant les faits accomplis, dans une narration qui alterne entre quelques temps morts et temps forts tout en maîtrisant cette montée de tension progressive.

Bref, un épisode qui franchit définitivement la limite et fait de cette dernière saison un monstre de noirceur – c’est efficace, éprouvant, désormais imprévisible.

Breaking Bad, saison 5, épisode 13

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Probablement l’un des épisodes les plus excitants de cette deuxième partie de saison.

L’heure passée, on réalise que le temps a filé, principalement dans la partie désert : le rythme, après le coup de téléphone, s’accélère avec brio, les ellipses nécessaires (le trajet en voiture ?) ne se font même pas sentir, le dialogue Walt-Jesse assurant le lien et la dynamique au sein même de la course. Le dernier acte confirme enfin toute la puissance de l’épisode, en jouant de clins d’œil au genre familier de la série et en manifestant un certain sens de l’ironie dans la narration. Walt décidant de se rendre, semble encore sûr de son pouvoir (c’est lui qui a choisi de ne pas envoyer les tueurs après Hank et Jesse), pour finalement le perdre totalement dans les dernières minutes. On va de la satisfaction (enfin, tout dépend de quel côté on se situe) à la frustration en quelques secondes ; dans ces décors superbes et cette mise en scène précise pour tenir la tension du choc.

Bien peu de choses à redire de cet épisode très excitant après un autre plus calme, si ce n’est qu’on espère une évolution surprenante par la suite de cette confrontation, sans trop de morts pour ne pas ralentir voire mettre un terme à l’enquête de Hank. Cet épisode pourrait d’ailleurs marquer le franchissement d’une étape, vers l’implication de la dea et une conclusion d’une toute nouvelle envergure dans la mesure où Walt emploie comme auparavant les moyens les plus dangereux.

Bref, un épisode remarquable, aussi intéressant pour ce qu’il dit de ses personnages et de leurs relations que pour sa tension extrême.

Breaking Bad, saison 5, épisode 12

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Un bon épisode de Breaking Bad.

La série organise ses pions sur l’échiquier à mesure que la fin approche et la position de Jesse donne à l’ensemble son dynamisme et son suspense : on inverse les rapports de force en mettant en scène un Jesse au fond du trou, manipulé par les deux camps et sûr de perdre à tous les coups puis sa reprise de pouvoir qui laisse à penser que finalement, c’est bien lui qui mène la danse. Cette storyline tient bon et promet plus encore, tant la relation Jesse/Walt aura été pilier de la série : elle permet ici d’éclairer de nouveau la situation, l’attachement de Walt, aussi toxique soit-il, notamment dans un dialogue avec Skyler franchement intense.

Néanmoins, ce revirement risque aussi de reléguer la traque de Hank au second plan ; tout est dit et répété (« pas de preuve ») pour qu’on considère cette voie sans issue, dépendante dès lors non pas du passé criminel mais d’un futur encore potentiellement meurtrier. D’un côté, c’est naturellement relancer la série et re-projeter la narration, rétablir en toute ironie le statut d’Heisenberg pour mieux l’attraper, mais d’un autre côté, c’est certainement un peu frustrant d’en arriver là et de balayer d’un revers de main toutes les possibilités de l’enquête.

On pourra encore retenir de l’épisode quelques touches d’humour (mug DEA) mais aussi d’émotion (le fils de Walt), ainsi qu’une construction de la narration en forme de reprise au milieu d’épisode assez déconcertante sur le coup.

Bref, un épisode intéressant.

Breaking Bad, saison 5, épisode 11

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Un nouvel épisode parfaitement maîtrisé de Breaking Bad.

Difficile d’être surpris par les éclats de l’épisode : il semblait évident que Jesse ne pouvait partir sans qu’une véritable confrontation ait lieu, et tout est là pour nous y préparer en proposant en même temps de mettre l’intrigue Hank en mini-pause grâce à la menace de Walt. Néanmoins, c’est le « jusqu’où » qui demeure flou : alors que l’épisode précédent établissait que Hank était la « famille », la menace voilée de Walt (très bien écrite) envers son beau-frère est un choc qui brouille à nouveau les limites du protagoniste. De la même façon, du côté de Jesse, le « jusqu’où » atteint son stade le plus éloigné pour le moment avec la crise finale qui offre au moins au personnage une sortie de sa stase.

On passe peut-être moins au-dessus de facilité de la révélation sur le bord de l’autoroute même si on veut bien l’accepter dans son rôle de déclencheur de la crise ; quoi qu’il en soit; la tension monte graduellement dans l’épisode et graduellement dans la saison tant les enjeux se bousculent et les pions s’entrechoquent à chaque instant. Le tempo est juste, jamais précipité ni ralenti, la réalisation colle à l’intrigue et n’en fait pas trop, l’interprétation toujours impeccable.

Bref, un épisode efficace et d’une fin à nouveau frustrante.

Breaking Bad, saison 5, épisode 10

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Un épisode moins tendu que le précédent mais d’une même efficacité.

Ce nouvel épisode retient encore la tension du précédent, notamment dans les premières minutes à couper le souffle : jeu de clin d’oeil western, dérapages en voiture au rendez-vous ! Dans l’ensemble, après la confrontation, la série met en place ses autres personnages dans l’échiquier ; de nouveau on n’est guère surpris de la tournure des événements, entre Walt qui cache l’argent et Skyler évidemment convoitée. Mais ce sont finalement les deux personnages secondaires, Skyler et Jesse, qui réactivent le suspense, tant on a moins de certitudes à leur égard : d’où le cliff autour du face à face Jesse-Hank, incontournable.

Pour le reste, cet épisode semble trop court, on avance à petits pas et difficile de ne pas penser à la fin de la série, ou même simplement au flashforward de l’épisode précédent. On ne sait exactement où on se dirige en gardant un œil sur les affaires de drogue à côté pour le moment, on n’en dira donc rien, si ce n’est que le retour de Todd est bien vu, tandis que la scène carnage est à son tour aussi violente qu’intéressante dans l’idée : plus de Heisenberg capable de gérer chaque action, cook & kill, mais une femme d’affaire et les sous-fifres tueurs violents. Tout de même, l’épisode, après les premières minutes intenses, entame une partie plus lente et moins prenante, heureusement relancée par la scène finale. Quelques dialogues valent également le détour, principalement entre Skyler et Marie qui héritent d’une des scènes les plus fortes et éprouvantes de l’épisode, et entre Saul et Walt, qui en disent cette fois long sur la perception du personnage et les limites encore là, rappel utile et d’un humour improbable à la fois (Belize !).

Bref, classique Breaking Bad !

 

Breaking Bad, saison 5, épisode 9

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Un épisode de reprise intense pour Breaking Bad.

Contrairement à Dexter, l’ambiance est bien celle d’une fin de série dans cet épisode : tension extrême, révélations, face-à-face,… Tout y est, alors même que l’épisode en lui-même ne réserve aucune véritable surprise suite au cliff du précédent, si ce n’est peut-être qu’on aurait pu croire que la confrontation finale aurait lieu plus tard. Non, tout se met en place pour donner lieu à ce duel Walt/Hank alors que le reste stagne (la laverie, la relation avec Skyler) ou part à la dérive (Jesse). Fort heureusement, la série n’a pas recouru à quelques facilités pour ralentir Hank et s’est contentée de mettre en scène le choc avec authenticité, jusqu’à le remettre dans le statut de l’enquêteur en définitive, dans cette scène de fin absolument superbe.

Incroyable démonstration du talent des deux acteurs, la conclusion semble enfin réunir plus que jamais toutes les facettes de WW, alors que dans le dialogue d’abord plein de non-dits, puis de menaces cachées, et enfin explicites, le personnage évolue en deux minutes comme il a évolué sur toute la série . Bryan Cranston arrive à passer du chimiste père de famille malade et inquiet pour son beau-frère à Heisenberg d’une réplique à l’autre, c’est fabuleux à regarder.

L’épisode a d’ailleurs joué sur cette évolution d’intrigue parfaitement attendue pour maintenir paradoxalement tout son suspense : Walter White inexorablement rattrapé par Heisenberg, par le cancer, par le trafic,… Rien de véritablement subtil mais un sens du tempo, une interprétation, une mise en scène qui une fois de plus transcendent les petits riens apparents. Peut-être peut-on être gêné par le début en flashforward, habitude de la série, qui tend à retirer ce qui restait de véritable zone d’ombre sur l’avenir de Walt, on sait que Breaking Bad aime à « spoiler », mais dans ces circonstances, on peut être légèrement déçu et on espère maintenant être malgré tout surpris et scotché par la fin.

Le personnage de Jesse, en dépression totale, incapable d’assumer son argent, reste sans doute l’enjeu le moins prévisible pour le moment, on devine moins quelle sera son évolution pour la dernière saison et on s’attache encore à celui qui subit plus que tous l’emprise de Walt, au point que les mensonges en sont presque pénibles.

Bref, un épisode qui, tout en étant assez prévisible, s’avère parfaitement efficace.