Hannibal, saison 3 : la chute

Hannibal. -©NBC
Hannibal. -©NBC

Hannibal, on aime ou on déteste. La série jure aussi bien avec les adaptations cinématographiques, dont elle ne nie pas pour autant l’influence, qu’avec les autres séries diffusées actuellement (a fortiori sur les networks !). Fuller ne recule devant rien, narrativement comme visuellement, et prend toujours plus de risques.

Cette saison amorce la chute de Hannibal (enfin, croit-on ?), plus meurtrier que jamais. Moins contrôlé, ce Hannibal toujours parfaitement incarné par Mikkelsen n’en reste pas moins fascinant à suivre, dans d’autres décors européens cette fois-ci. Le début de cette saison fait le choix d’une temporalité qui n’obéit plus à la progression linéaire du récit et lui préfère une certaine fluidité émotionnelle ; c’est là que la série peut d’une certaine façon être déstabilisante, tant elle prend décidément le parti d’une dynamique onirique loin de toute contrainte réaliste.

Hannibal. -©NBC
Hannibal. -©NBC

Le problème est qu’il y a sans doute une limite invisible à ne pas franchir, afin de ne pas perdre le spectateur en cours de route : il faut bien qu’on s’accroche à quelque chose pour continuer de croire et d’être fasciné malgré tout par cet univers horrifique. C’est d’autant plus flagrant quand la série isole ses personnages et réunit Hannibal et Bedelia Du Maurier – Gillian Anderson fabuleuse -, les dialogues entre eux deux font l’effet d’un commentaire persistant vis-à-vis de leurs propres intrigues, résultat sans doute de la révélation des crimes de Hannibal. Jack était en fait ce qui nous rattachait au terre à terre de l’enquête et aux objectifs simples de l’intrigue, il faut attendre qu’il agisse à nouveau dans son rôle de médiateur pour que la série retrouve un ton plus équilibré.

Cette saison 3 est aussi étonnante, double, comme elle présente dans sa première partie des personnages qui n’ont rien à perdre, et dans sa seconde, peut-être tout : Alana et Will ont désormais une vie de famille. Cette deuxième partie aurait pu constituer une saison en elle-même : thématique différente, ellipse conséquente, nouveau villain – the great red dragon ! – mais son intégration dans cette saison nuit en partie à sa fluidité. La relation Hannibal/Red Dragon est sans doute traitée de façon trop superficielle, ou de si loin, qu’on passe d’un portrait somme toute poétique, nuancé – même moralement ! – ou complètement radical – littéralement un dragon à l’écran, tant qu’à faire, quand on dit que la série ose tout… – à un pion dont le rôle permettra l’évasion de Hannibal et sa réunion tardive avec Will, dans un combat sanglant d’une chorégraphie presque suggestive.

Bref, Hannibal est cette version sombre et horrifique de la réalité qui reprend structurellement les règles secrètes du récit de cauchemar. En assumant l’overzetop mythique de sa figure principale, la série prend le risque de sa maigre audience jusqu’à cette annulation prévisible. Cette dernière saison, encore bien mélancolique et peut-être trop dense, n’aura peut-être pas été aussi bouleversante que la précédente, notamment dans sa conclusion, mais au moins, en ce qui concerne la relation Will/Hannibal… : la boucle est bouclée.

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