The 100, saison 1

The 100.-©CW
The 100.-©CW

The 100, adaptation d’un roman, fait sensation dans sa première saison sur la CW. Peut-être qu’on ne s’attendait pas, ou plus, à voir dans un teen drama de l’ambition et de la noirceur, si bien qu’on est très régulièrement surpris de l’audace de la série. Probablement la plus meurtrière de la saison, elle confronte ses personnages d’adolescents, tous mineurs et prisonniers sur l’Arche, à l’inconnu d’une Terre post-guerre nucléaire, dans une sorte de variation sf du postulat de Sa Majesté des mouches. Nos craintes d’un faux survival qui cacherait la réalité d’un soap s’avèrent vite infondées, et nos attentes ne cessent de s’élever à mesure que le propos de la série gagne en force, jusqu’au finale explosif.

Who we are, and who we need to be to survive, are very different things. (Bellamy)

Ce qu’interroge The 100, c’est bien l’humanité même : ses principes, ses valeurs, et jusqu’à quel point elles peuvent être relativisées dans un contexte de survie permanente, dont les quelques issues esquissées se fermeront les unes après les autres pour mener à une guerre inévitable. Alors que Bellamy veut croire qu’ils peuvent séparer qui ils sont, et ce qu’ils sont amenés à faire, la série va travailler les conséquences des violences sur les personnages au corps : de telles circonstances exigent au contraire un engagement complet, et ils ne seraient pas humains s’ils pouvaient éclipser toute conscience morale dès que nécessaire.

*** cette critique contient des spoilers ***

La série confronte d’ailleurs ses personnages aussi bien à des menaces extérieures qu’intérieures, sans pour autant en venir à un dispositif purement manichéen : les Grounders résistent aux 100-envahisseurs après des attaques, les 100 se défendent et n’ont d’autre choix que de rester sur Terre.

The 100. -©CW
The 100. -©CW

De même, chez les 100, les positions ne sont jamais fixes et les motivations ne cessent d’évoluer, participant du même coup de la construction nuancée des personnages et surtout de Clarke et Bellamy. En 13 épisodes, l’un comme l’autre s’approfondissent en fonction des événements, s’adaptent et réfléchissent, mais ne sont pas à l’abri des erreurs : la réussite de la série tient aussi en ce qu’elle arrive à faire croire au bon sens et simultanément aux dérapages idiots de ses personnages. À ce titre, c’est lorsque Bellamy agit pour se protéger lui-même qu’il met le groupe entier en danger, et ainsi, une fois de plus, cette erreur aura une portée dramatique sur l’intrigue et le personnage par la suite. En l’occurrence, la trajectoire de Bellamy est celle de l’apprentissage d’un leader, avec ses étapes successives : c’est après avoir laissé sa soeur libre (enfin, avec Lincoln…) et après avoir compris qu’il ne doit pas nécessairement donner aux 100 ce qu’ils veulent (c’est le face-à-face avec Bellamy qui l’aide à en prendre conscience), qu’il assume enfin ses responsabilités et sait non pas seulement qu’il doit être un leader, mais comment il doit l’être, dans ce très bon discours adressé au groupe à la fin de l’épisode 12.

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Quoi qu’il en soit, elle n’oublie pas de saisir les répercussions des actions sur ses personnages, les meurtres ne vont jamais de soi et les morts sont comptées, et c’est parce qu’elle rend à chacun le temps de penser à ses propres actes qu’elle nous donne l’envie de nous investir auprès d’eux.

Maintenant, il faut compter sur quelques passages obligés plus artificiels dans le début de saison, impliquant des lectures restreintes à la veine sentimentale qui par voie de conséquence limitent certains personnages. C’est le cas d’Octavia, qui devra patienter un moment avant de bénéficier d’un peu plus de profondeur. Les quelques touches d’humour sont rares, mais font mouche et quelques relations secondaires sont attachantes.

L’équilibre entre l’Arche et la Terre est quant à lui suffisamment constant, l’intrigue politique sur l’Arche ouvrant de toute façon sur l’enjeu du retour sur Terre, elle a son intérêt et permet elle aussi de donner plus de dimensions à certains personnages. Du côté de l’interprétation et de la réalisation, s’il n’y a rien d’impressionnant, cela reste convaincant et égal, même s’il manque à Clarke un tantinet de charisme par moments.

Bref, la première saison de The 100 est une excellente surprise à la hauteur de ses ambitions. C’est très simple après tout, elle ose ! Elle ose faire tuer et tuer ses adolescents, elle ose faire douter ses personnages de leurs chances de survie, sans s’enfermer dans une atmosphère désespérée pour autant. Ainsi divertissante et intéressante, The 100 ne se repose pas sur ses acquis et ne prend pas le risque d’ennuyer les téléspectateurs, espérons donc que la saison 2 sera du même acabit !

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