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Gypsy, saison 1 : un thriller psychologique déroutant

Gypsy ©Netflix

Gypsy, nouveauté Netflix avec pour tête d’affiche Naomi Watts, est une série toujours plus déroutante. Sur le papier, déjà, on est entre le projet culotté et le drama vu et revu : d’un côté l’intrigue d’une psychothérapeute qui ne respecte pas les limites de la thérapie, de l’autre celle d’une crise de la quarantaine et du mariage d’un couple bien installé.

Durant dix épisodes, on va ainsi du meilleur au pire, sans nuance, jusqu’à se demander si la série n’a pas simplement refusé de s’assumer dans sa perversité. Parce qu’en définitive, Gypsy s’avère relativement prenante, en jouant de façon répétée des risques que prend Jean à s’incruster ainsi dans la vie de ses patients. Le plaisir, pour elle comme pour le spectateur, tient au fantasme de voyeurisme : c’est pas joli-joli, mais ça fonctionne dans les réels moments de tension. Cette intrigue majeure se déroule de façon linéaire, mais devient encore plus addictive quand on laisse entrevoir une partie du background du personnage. Vous pensiez qu’elle était une bien mauvaise psy, eh bien, elle l’est peut-être depuis plus longtemps encore. Seulement, voilà, on n’en saura très peu ! Résultat, ces éléments semblent juste être balancés pour susciter l’intérêt sans être vraiment utilisés davantage.

C’est à la fois l’élément fort et la grosse faiblesse de la série, qui maintient des zones d’ombre dans sa caractérisation du personnage. On s’éloigne du cliché du personnage féminin en crise pour suivre une manipulatrice finalement complexe, dont on ne sait plus si elle ment ou est sincère. C’est là que Gypsy prend réellement la forme d’un thriller psychologique et cesse d’emprunter les codes faciles et sans intérêt d’un drama conventionnel.

En ce qui concerne la représentation, il est malheureux de constater qu’on subit encore le stéréotype du personnage féminin bisexuel et manipulateur. Maintenant, le fait que les deux personnages correspondent à ce cliché a l’intérêt de nuancer ce portrait et de complexifier leur relation. De même, il est agréable de pouvoir suivre des personnages qui assument la fluidité de leur sexualité. Là encore, on va de pur fantasme (et cette lumière chaude et tamisée ferait presque verser certaines scènes dans le téléfilm érotique) à une relation intéressante dans laquelle, sans cesse, le rapport de force évolue.

L’intégration d’un personnage d’enfant trans est d’ailleurs elle traitée avec suffisamment de finesse, preuve encore que la série en est capable. Mais pendant ce temps, pour les personnages moins exploités à première vue, on ne peut éviter l’ennui… Que dire de l’histoire du mari et de son assistante ? En est-on encore là, vraiment ? Et des mères de famille venues tout droit de Desperate Housewives ?

Et d’une manière générale, quantité de dialogues et surtout de transition manquent leur effet. Apparitions puis disparitions de personnages, enjeux placés puis oubliés dans certaines relations secondaires… Finalement, il est clair que Gypsy a tout misé sur Jean et Sydney.

Je ne serais pas aussi dure que les autres critiques, j’imagine qu’il faut savoir ce qu’on regarde et ne pas s’attendre à autre chose. Gypsy n’est certainement pas subtile, ni révolutionnaire dans sa forme, elle est souvent prévisible et s’appuie sur sa relation principale pour seule dynamique forte du récit. Gypsy n’est pas non plus une série attachante : de tous les personnages, seule Dolly sort réellement du lot. Ils sont tous détestables, et parfois pathétiques et ridicules (les dialogues n’aident pas), au point de livrer quelques scènes qui nous mettent mal à l’aise. Mais voilà, difficile de s’arrêter. Malheureusement, la fin de saison n’est pas satisfaisante tant le finale a surtout des allures d’avant-dernier épisode. Globalement décevante, Gypsy reste malgré tout efficace dans son genre.

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The Americans, saison 3 : bas les masques !

The Americans. - ©FX
The Americans. – ©FX

The Americans est cette série dont on pourrait imaginer aussi bien que son intrigue dure une trentaine de saisons, qu’elle s’achève brutalement la saison prochaine. La saison 3 propose à ce titre des perspectives affolantes en travaillant le thème de l’héritage, mais charrie simultanément une mélancolie de plus en plus pesante, tant il y a de risques, et de risques qui naissent au sein même de la famille – et de la famille également au sens large pour le couple d’espions.

Ce qui rend cette saison triste, c’est tout le trouble qui grandit autour de l’idéologie des personnages : il leur faut expliquer, répéter, transmettre ce en quoi ils croient, composer un jeu de rôle toujours très nuancé, si bien qu’on ne sait plus bien à quel moment ils ne font que semblant, et à quel moment ils sont profondément sincères. Mais au fond, la question n’étant jamais lourdement posée, ou lorsqu’elle l’est de façon naturelle par un des personnages à son conjoint, la réponse ne tombe même pas. La série est aussi subtile que crédible dans son écriture des protagonistes, tant et si bien que notre propre relation aux personnages est sans cesse contradictoire, de la même façon que leur mode de vie même est pris de contradictions qui vont inéluctablement à la catastrophe finale.

Précisément, cette saison, on aura pu avoir du mal à exactement situer la relation entre les deux personnages. Ils se sont rapprochés, se sont éloignés, n’ont plus eu guère d’autre choix que d’être à nouveau ensemble en fin de saison, mais comme contraints (Phillip !). Le personnage de Paige est évidemment l’élément essentiel de la saison, c’est avec elle que la série ménage son suspense (quand saura-t-elle, comment saura-t-elle, comment réagira-t-elle… ?) mais aussi avec elle qu’elle fait jouer la corde sensible. Et cette saison aura probablement été la plus émouvante des trois, tant de retenue et au fond tant d’émotions dans cette série ! Parmi les plus belles scènes de cette année, cette rencontre entre mère, fille et grand-mère, comme annulée par ce choix final de Paige qui constituera le redoutable cliffhanger de cette saison.

Grâce à cette intrigue, tout se mélange, les implications politiques, les responsabilités personnelles, et on se souvient de ce que ça a donné la saison précédente… C’est peut-être aussi la raison qui fait que parfois, The Americans est presque trop dense pour tenir en treize épisodes, ainsi cette année, les personnages secondaires disparaissent parfois à peine trop longtemps et se font oublier, au détriment d’un suivi plus crédible de l’intrigue globale.

Les éléments qui font que la série est toujours aussi réussie ne manquent pas dans cette saison : narration des scènes de filature d’une précision folle, la présence discrète mais déterminante du contexte politique, les scènes de vie conjugale, l’interprétation des deux acteurs principaux, mais aussi de la jeune actrice qui doit assumer un rôle de plus en plus exigeant… Et bien évidemment, cette conclusion… comment patienter une année ?!

Bref, une nouvelle saison de The Americans formidable, captivante et pleine de moments d’une grande intensité dramatique.

 

Scream, un début de saison en demi-teinte

Scream. -©MTV
Scream (voilà ce qui s’appelle de la diversité…). -©MTV

Une chose est sûre, dès le pilot, la série Scream ne se regarde pas comme sa grande soeur : évidemment un bon point dans la mesure où la série s’assume complètement comme telle et s’appuie nettement plus sur la culture télévisuelle récente. Son parti pris, expliqué par le personnage qui seul, portera la dimension méta, consiste alors à travailler avant tout la surprise et les émotions du téléspectateur, en bousculant ses habitudes d’identification et d’investissement auprès des personnages des teen shows.

Intentions qui en soi, sont prometteuses, mais dont jusque là l’exécution la plus réussie était la promo qui affichait un à un les héros des séries de MTV victimes du tueur. Parce que pour respecter de telles ambitions, il faut bien que l’écriture des personnages – et l’interprétation – soient exemplaires, or, pour le moment, ce n’est guère convaincant, comme si la série restait hésitante, reprenant des codes teen-soap sans tant jouer de méta, pour devenir une sorte de Pretty Little Liars sanglant. La série qui annonçait que sa réussite reposerait sur le care vis-à-vis des personnages se plante pour le moment assez magistralement, tant ils sont tous insupportables et beaucoup trop stéréotypés (sauf Audrey à la limite) ! Alors, à l’inverse, elle aurait pu simplement constituer des rôles forts, plutôt qu’attachants, mais elle n’y parvient pas plus, hormis peut-être paradoxalement pour la toute première victime. Maintenant, peut-être est-ce bien pour mieux nous surprendre en fin de saison qu’elle en reste pour le moment à de tels personnages limités, mais jouer cette carte là n’est ni fin, ni très original…

Scream (promo). -©MTV
Scream (promo). -©MTV

On se prend au jeu du whodunnit, c’est certain, et certaines scènes ne manquent pas d’efficacité, bien que l’allure du tueur soit très décevante. La série recourt aux technologies de manière judicieuse et c’est pour le moment le vrai point positif qui intervient sur plusieurs plans : à la fois comme élément de dramatisation des scènes d’horreur – petit gag du pilot très amusant par ailleurs, dommage que la suite soit si premier degré ! – et comme indice dans la progression de l’enquête. Les personnages sont très conscients, comme la cible de la série, des différences générationnelles entre tel ou tel réseau social, au point que peut-être, ce ne sont plus tant les marques culturelles cinéma et séries qui font l’identité de ce Scream là, mais bien cet environnement technologique.

Toutefois, la série aurait pu être beaucoup plus inventive dans la manière d’utiliser les nouvelles technologies dans sa réalisation, et peut-être par la même occasion se débarrasser de certains vieux trucs d’ambiance horrifique, tels ces bruitages ridicules qui ressemblent à de longs soupirs menaçants…

Ce qui est vraiment dommage, c’est que le discours méta soit réduit à si peu de choses dans la série, au point que ça retire complètement le piquant ludique. Si cela permet bien de créer cet environnement culturel commun, ça n’en reste pas moins plat et superficiel, comme une succession de noms jetés là sans réflexion ni simple jeu ironique provoqué par la bascule du commentaire référentiel à la réalité brute.

Bref, jusque là, Scream laisse sur sa faim, on en voudrait tellement plus, et il faut se contenter d’une version en-dessous de ce que la série même semblait nous annoncer, aussi bien dans sa promo que dans son pilot. L’ensemble, parfois certes bien vu, est pour le moment au mieux divertissant et intrigant : on espère que la suite relèvera le niveau !

[Websérie] Random : un huis-clos intrigant

©Random
©Random

Websérie créée par Sullivan Le Corvic et Rémi Noëll, Random est un huis-clos étonnant et d’emblée captivant ! Il arrive souvent que l’intrigue d’une websérie s’avère finalement trop ambitieuse pour son format et ses modestes moyens, en l’occurrence, le parti pris d’un huis-clos limité à un appartement est une idée formidable qui colle parfaitement au 12x7min !

Ce cadre permet au récit de se complexifier à mesure que la série progresse, en partant d’un postulat de base déjà intrigant qui évoque entre autres le film Coherence. La série propose de nombreuses hypothèses qui font se déployer son univers vers la science-fiction et rendent le visionnage à la fois prenant et stimulant. Il va de soi que le programme est très risqué, toute série à mystère se contraignant presque malgré elle à progresser de façon cohérente vers sa résolution, autant dire que le spectateur attend la série au tournant !

©Random
©Random

* spoilers *

Pour le moment, Random parvient à ce titre à maintenir un bon équilibre et n’en dévoile ni trop, ni pas assez, notamment grâce à son rythme efficace. On peut toutefois être gêné en fin de saison de n’avoir au fond que des éléments flottants sans assise encore réellement justifiée, mais j’imagine que cela viendra par la suite. Le changement de décor est en soi déjà une promesse efficace pour nous faire revenir à la saison 2.

* fin des spoilers *

La série séduit aussi pour ses qualités formelles, de la réalisation à l’interprétation, on y croit et on se prend au jeu dès le premier épisode. Bref, dans l’attente de la suite, il semble indispensable de revoir la première saison afin de collecter des indices pour préciser ses hypothèses, en souhaitant par ailleurs toute la réussite qu’elle mérite à l’équipe !

La première saison sur youtube et la page facebook.

La Review de la semaine [6]

The Flash. ©CW
The Flash. ©CW

Cette semaine, coup de coeur pour une nouveauté, eh oui c’est possible ! Et enchaîner huit épisodes d’une série française en deux jours aussi, qui l’eût cru ?

The Flash 1×01 – 1×04

En quatre épisodes d’une efficacité redoutable, The Flash donne le ton et prend la forme d’un divertissement solide, souvent très amusant, doté par ailleurs d’un cast convaincant. Déjà, la caractérisation des personnages est honnêtement réussie, au point que dès la fin du pilot, on se sent pris d’attachement pour la plupart des personnages. Les relations qui se développent sont même touchantes, intéressantes et bien écrites (Barry/Joe), et on sent pour chacun d’eux un vrai potentiel d’évolution. Alors, évidemment, la série n’est pas exempte de défauts, mais il semble à ce stade que tous peuvent être corrigés, ce n’est vraisemblablement qu’une question de temps. Les deux qui sautent aux yeux sont évidemment d’une part le personnage d’Iris, écarté et cantonné à pas grand chose pour le moment, et d’autre part la répétition irritante d’un cliffhanger dans la fin des trois premiers épisodes. Allez, on y est presque, The Flash ! (et félicitions, j’en ai même repris Arrow)

The 100 2×02

Un deuxième épisode qui confirme la direction prise par cette deuxième saison… Alors, une fois de plus, j’ai cru un moment à cette histoire saugrenue de bébé perdu et évidemment, j’ai pesté contre le ridicule de la chose… C’était oublier que The 100 est bien plus maligne qu’elle en a l’air, puisque cette affaire a donné lieu à un développement en soi très émouvant, même si on s’était fait à l’idée de la mort du chancelier et que ça aurait été osé d’en rester là. Attention maintenant sur Terre, il ne faudra pas non plus que l’intrigue d’Octavia tourne en rescue mission qui s’éternise ! Enfin, le personnage s’affirme et a droit à des scènes rares à la télévision, et laisse présager un certain potentiel d’évolution, tant elle suit après tout son propre chemin sans se poser de questions. Pour les autres, il est intéressant de voir d’un côté les adultes prendre la mesure de la situation et vivre ce que les plus jeunes ont vécu à leur arrivée, et d’un autre côté précisément ces jeunes hériter d’une intrigue qui s’élève d’un cran, dans un cliffhanger horrifique efficace.

Engrenages saison 1

C’est rare, si rare qu’une série française sache maintenir un vrai bon rythme et nous accrocher de bout en bout ! Une chose est sûre, Engrenages ménage un suspense efficace, et trouve généralement la recette qui marche : twists, cliffhangers et intrigue feuilletonnante bien suivie. Pour autant, la mécanique si bien huilée n’empêche pas les défauts de fond : le récit, d’abord, ne prend pas l’ampleur promise à ses débuts, et s’achève même dans un dernier épisode très en-dessous. De même, si l’équilibre est plutôt bien trouvé entre temps fort et le reste du temps, il faut tout de même avouer que la majorité des twists est très forcée, tout comme la violence crue semble parfois un peu trop exhibée pour l’effet choc. Autre vrai problème de la série : la caractérisation de ses personnages, et notamment de celui interprété par Audrey Fleurot… Certaines de ses décisions, dans le finale, n’ont aucune explication, ni même sens, et n’éclairent absolument pas une quelconque complexité ou profondeur psychologique, mais bien plutôt de la maladresse ou, une nouvelle fois, une écriture « pour l’effet ». En espérant que la saison 2 soit toutefois aussi efficace et aura en même temps corrigé ces défauts gênants…

La Review de la semaine [5]

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Qui dit vacances dit rattrapages ! Un peu plus de séries au programme cette semaine, mais j’attendais surtout le retour de l’étonnante The 100 après sa saison 1 enthousiasmante… Vous aurez remarqué que je ne suis guère le rythme de l’actualité et comme toujours vais surtout où l’envie me mène, par exemple vers Utopia ! Mauvaise pioche… Maintenant, on peut toujours compter sur les valeurs sûres, The Good Wife, Transparent qui n’aura pas eu besoin de beaucoup d’épisodes pour faire ses preuves, et une mini-série de David Simon, bref, de quoi trouver son compte.

The Good Wife 6×05

L’affaire du 6×05 n’était peut-être pas passionnante (et sa résolution peu inspirée), Tascioni maintient plus ou moins le navire à l’eau, mais le traitement était par moments trop gaguesque et pas toujours efficace. C’est sans doute le mot qui dit les problèmes de cet épisode : trop ! Le coup du virus était gros aussi, pour dire, mais heureusement sauvé par quelques détails fabuleux (la hotline !) et Diane évidemment. Notons tout de même une bonne scène finale !

 Utopia 1×01 – 1×02

Utopia entre dans la catégorie des séries que je vois vantées presque à l’unanimité sur ma timeline twitter, au point qu’il fallait bien que j’y jette un coup d’oeil quand même. Ça m’apprendra à faire confiance à ma timeline… une confusion à toute épreuve dans le pilot, un montage (?) perturbant-fouillis, des couleurs agressives, un effet de mise en scène dans le style comics qui rattrape un peu le reste, une intrigue conspirationniste mal ficelée (pour le moment, certes) et des personnages, bien que « forts », incroyablement antipathiques (et ça ne s’arrange pas dans le 2). Ajoutons à tout cela une bonne dose de violence dérangeante… Allez, adieu Utopia !

Te 100 2×01

Nous avons droit au renouvellement promis : nouvel environnement, redistribution des rôles, avec l’introduction d’une thématique légèrement déplacée en comparaison de la saison 1 : la vie en communauté mais cette fois ci, avec des adultes. Naturellement, le potentiel à explorer est suffisamment important (et d’ailleurs déjà entraperçu) et la série s’est déjà montrée ambitieuse en saison 1, pas de raison qu’elle ne s’en sorte pas. Bon, ce n’est pas parfait non plus et il faut bien se farcir des éléments cliché (le villain, les prétendus sauveurs…).

 Transparent saison 1

Jolie conclusion pour Transparent, qui aura toujours été un plaisir à regarder. Le sentiment de naturel et de la beauté des petits riens, et la série en dit toujours long en si peu ! Alors, bon, il faut subir Josh, c’est sûr… D’ailleurs, la série gagne tellement lorsqu’elle réunit toute la famille, les plus belles scènes sont celles des rassemblements, dîners, et les apartés ne semblent toujours exister que pour nous y faire revenir, jusqu’à ce petit événement explosif final – pas celui qu’on attendait dans le pilot, naturellement… Alors que le coming out de Maura s’est fait avec fluidité, au point que la série se permet de franches ellipses entre les épisodes, ce sont d’autres souvenirs qui sont venues former les enjeux familiaux de la série (la babysitter, l’argent, le mariage…) et une fois au bout du chemin, chacun doit assumer des responsabilités plus ou moins attendues… Bref, vivement la suite !

Generation Kill

Autre ambiance… Adaptation d’un livre de journaliste, Generation Kill est au plus près de la réalité de la guerre en Irak, alors forcément, c’est dur à regarder, c’est marquant, et il faut prendre son temps, mais ne pas trop tarder non plus entre chaque épisode. Pas grand chose à en dire, quoi qu’il en soit, si ce n’est qu’on y trouve autant de beauté que de violence quelle qu’elle soit.

La Review de la semaine [4]

The Affair. -©Showtime
The Affair. -©Showtime

The Good Wife 6×04

La saison 6 s’annonce dense, très dense… Comment composer entre la veine politique et la veine « purement » légale ? Pour le moment, la série tient le choc, mais difficile d’imaginer un tournant qui l’exposerait à sacrifier le légal, espérons que l’équilibre sera toujours de mise ! En conséquence, dans cet épisode, il faut passer par un cadre minimaliste pour contenir tout le programme de la suite, en l’occurrence par un huis-clos d’une vingtaine de minutes dans la salle à manger avec Alicia, Eli et wooh-new-character-whats-his-name. Le rythme est là, Alicia s’impose, quelques micro-twists font effet et la série reprend des artifices qui ont déjà fait leurs preuves. Notons également la reprise de la blague méta, dont on ne sait si elle se moque de Low Winter Sun, True Detective ou Hannibal, ou les trois à la fois, mais peu importe tant qu’on nous rappelle qu’Alicia est quand même un petit peu comme nous, qu’elle regarde des séries et déteste les spoilers.

The Leftovers 1×05

Un épisode violent, intense, et éprouvant. Cette première scène, que dire… Tout est brut, comme le silence des guilty remnants et comme le coup de sifflet devant le « sauveur », il était temps de s’intéresser à eux autrement que de loin. Alors que jusque là, la série était surtout faite de pas-grand-choses, ici, elle semble plutôt promettre une explosion imminente de la communauté, maintenue tant bien que mal dans ses apparences habituelles et rappelée à son traumatisme par les guilty remnants… Maintenant, on va patienter le temps de digérer cet épisode avant de lancer le prochain.

The Affair 1×01

Le cast de The Affair, rien que ça. Mais pas que. Et pourtant, sur le papier, c’était pas forcément bien parti : encore une vieille histoire d’adultère sur fond de « crise de la quarantaine », vu et revu, rarement bien inspiré, on a déjà donné, merci ! Mais finalement, le parti pris judicieux d’un double récit selon les deux points de vue des intéressé permet un recul qui nous place presque dans la position du policier qui interroge le couple. Naturellement, les deux histoires se rejoignent par moments, mais s’éloignent aussi, voire se contredisent par moments, ce qui évite l’ennui que peut générer ce type de structure narrative. Les enjeux de ces variations sont par ailleurs de plusieurs ordres : mémoire, arrangements involontaires, arrangements parfaitement volontaires, autrement dit mensonges… Le contexte de l’interrogatoire multiplie les possibilités et oblige à faire le tri, réfléchir, revenir en arrière et s’interroger soi-même. Sans compter que ce recul tend à insuffler de l’ironie critique dans l’histoire même, au moment où elle est racontée, dans la mesure par exemple où Noah force le trait pour se justifier et invente une figure de tentatrice… Maintenant, il semble que beaucoup, beaucoup de temps ait passé entre les deux lignes temporelles et pour être honnête, c’est presque trop et ça pourrait décourager, d’autant que la série se fait avare en révélations.

La Review de la semaine [3]

leftovers
The Leftovers. -©HBO

The Good Wife 6×03

Un nouvel épisode très réussi, qui fait preuve comme toujours de beaucoup d’inventivité. Le simulacre de tribunal dans l’église est amusant et intéressant, la série, certes piquante, ne fait pas non plus dans le lourd et trouve là l’opportunité de nous offrir une jolie scène entre mère et fille autour de la question religieuse. Pour ce qui est de la candidature d’Alicia, les craintes sont balayés semaine après semaine, la série ne s’embourbe pas et prend au contraire le temps de nous faire adhérer, comme Alicia, à cette idée-là jetée en fin de saison dernière comme une facilité saugrenue.

The Leftovers 1×04

Moins réussi que le précédent, pas forcément très fin, mais encore ponctué de scènes réellement fortes. Curieux sentiment de vide pour ne rien dire par moments, quand l’épisode 3 était d’une densité folle, porté qui plus est par un Eccleston fabuleux. Il faut dire qu’on ne s’intéresse pas à tout le monde finalement, et dans cet épisode, c’est encore Laurie qui accapare toute notre attention.

Borgen 2×01 2×02

C’est un plaisir de retrouver Borgen ! Les deux premiers épisodes sont prometteurs d’une saison complexe, qui ose se confronter à l’actualité et construire avec un rythme enlevé ses intrigues sur les manigances politiques… C’est très convaincant et les enjeux personnels qui ressurgissent confirment qu’une série politique n’est pas forcément froide ou cynique jusqu’au bout des ongles, yay.

La Review de la semaine [2]

Transparent
Transparent. -©amazon

 

Toujours là.

The Good Wife 6×02

Cette semaine était marquée, comme chaque semaine désormais, par un nouvel épisode de The Good Wife, The Good Wife le génie tranquille et facile. Un deuxième épisode plus réussi que le premiere, qui va d’un registre à l’autre, exploite le potentiel comique de Robyn, et impose définitivement l’identité de Florrick & Agos…. Jusque dans le travail du son ! Chez Florrick & Agos, ainsi qu’au tribunal, il n’y a pas de porte, plus de séparation, et à bien écouter, il n’y a jamais que chez LG qu’il n’y a pas un bruit de fond. Merci pour ce départ en grande pompe de Diane. Dommage que le discours enthousiaste et enthousiasmant « Florrick & Agos, cabinet avec des femmes et des personnes de couleur ! » n’ait pas été tant vérifié dans les faits jusque là, puisque le seul qu’on ait vu de temps en temps à l’écran, c’est Cary Second du nom. Mais peut-être que ça viendra avec le nouvel arrivant ?

 Transparent 1×02 à 1×05

Un peu déçue par les deux épisodes qui suivent l’excellent pilot, mais le quatrième rattrape l’affaire. Plus question des affres sexuelles ou des petits soucis de chacun, mais des vrais enjeux soulevés d’on ne sait où, qui soulèvent à leur tour des sentiments, des rires, et une histoire familiale. Dès qu’on réunit la troupe, ça fonctionne. Josh qui m’aura bien ennuyée dans les épisodes 2 et 3, trouve une intrigue plus intéressante dans cet épisode aussi.

 How To Get Away With Murder 1×02

Non. Alors que j’ai trouvé le pilot très plaisant, j’ai eu l’impression ici d’une mauvaise réplique, défauts grossis, au point que j’en ai revu mon avis sur le premier épisode. Je crois qu’il y a des limites aux invraisemblances, ou tout du moins qu’il faut compenser avec un rythme, des personnages, tout le reste, pour faire « comme si » et accepter de tels retournements de situation. Parce qu’autant une invraisemblance de fond, de situation, passe encore, mais quand elle fait l’enjeu d’un twist sur l’affaire du jour, forcément, ça ne passe plus ! Entre ça et le fait que le client soit une sorte de Colin Sweeney bis, convoquant de fait des questions éthiques amenées et balayées sans subtilité… Et par pitié, arrêtez de prendre les téléspectateurs pour des imbéciles, stop aux flashbacks qui rappellent des intrigues vues il y a une vingtaine de minutes… Quant aux personnages, l’écriture empêche pour le moment d’avoir de la sympathie pour qui que ce soit…

P’tit Quinquin 1×01

On comprendra que je ne suis pas allée plus loin que le premier épisode, endormie que j’étais après ce pilot certes soigné, mais à la fois ennuyant et déplaisant. Le choix d’interprètes amateurs, de même que le comique de la série d’une manière générale, nous met dans une drôle de position, nous téléspectateurs, comme si, pour rire, pour apprécier, il fallait être dans une posture d’observateur moqueur des personnages. Le décalage en lui-même et l’assemblage de comédie et intrigue policière auraient pu fonctionner, s’il avait été réellement efficace, mais après un épisode, on ne garde que le sentiment du vide, comme si rien n’existait vraiment là-dedans.

 À la semaine prochaine !

La Review de la semaine

How To Get Away With Murder. -©ABC
How To Get Away With Murder. -©ABC

C’est la rentrée des séries… Je vais m’efforcer de tenir une nouvelle rubrique qui rassemblera de très courts avis sur les épisodes vus de la semaine, ce sera bref, spontané et irrégulier !

The Good Wife 6×01

Sans surprise, la série revient en forme et sa proposition, pour cette entame de saison, est audacieuse et enthousiasmante. On s’est souvent plaints de voir Cary relégué à l’arrière-plan, sous-exploité, ou mal-exploité, c’est l’occasion de tenter autre chose et on espère que ça sera une aussi belle réussite que la saison 5 ! Le poids Bishop n’était pas loin de devenir un peu trop pesant, répété sans être jamais beaucoup plus prolongé dans l’intrigue, il va de soi qu’enfin tout va se jouer… Amen to that. En vrac : comme toujours, le pré-générique est formidable, le cast est formidable… Ah, l’amitié Finn et Alicia, oui, oui, oui !

Marvel Agents of Shield 2×01

Changement de ton pour Agents of Shield ! Des blessures, des morts, de la folie et de la tristesse, bref, la série passe un cap et étonne après sa première saison qui prenait le parti des gags et des répliques comiques. Maintenant si on pouvait se débarrasser de Ward… Alerte poids mort et forcing de ship avec Skye ! Autrement, dans l’ensemble, c’est classique, dans la lignée de la première saison hormis le changement de ton, avec un petit moment Agent Carter bienvenu, et on retrouve l’équipe avec un certain plaisir. On est quand même très loin de The Good Wife, très, très, très, très, très loin, mais en guise de divertissement simple et attachant, Agents of Shield fait encore l’affaire.

How To Get Away With Murder 1×01

Aaaaah un pilot. Mon indifférence aux séries de Shonda Rhimes n’aura pas empêché l’excitation devant les trailers de How to get away… et le pilot est d’une efficacité à toute épreuve. Rythmé, dense, intrigant, il parvient à captiver avec un dispositif « x months earlier » ô combien lassant. Alors certes, deux ou trois scènes flirtent avec le ridicule, et la mécanique qui vise à susciter l’admiration, encore une fois, pour le personnage de DeWitt, est tellement visible qu’on a du mal à y adhérer spontanément. À l’inverse, le groupe de jeunes dispose d’une présentation réussie, équilibrée, et solidement intégrée à l’intrigue : on apprend à les connaître à travers leurs idées pour le procès, et on se prend au jeu de l’intrigue future. Bref, on a envie de voir la suite !