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The Americans, saison 3 : bas les masques !

The Americans. - ©FX
The Americans. – ©FX

The Americans est cette série dont on pourrait imaginer aussi bien que son intrigue dure une trentaine de saisons, qu’elle s’achève brutalement la saison prochaine. La saison 3 propose à ce titre des perspectives affolantes en travaillant le thème de l’héritage, mais charrie simultanément une mélancolie de plus en plus pesante, tant il y a de risques, et de risques qui naissent au sein même de la famille – et de la famille également au sens large pour le couple d’espions.

Ce qui rend cette saison triste, c’est tout le trouble qui grandit autour de l’idéologie des personnages : il leur faut expliquer, répéter, transmettre ce en quoi ils croient, composer un jeu de rôle toujours très nuancé, si bien qu’on ne sait plus bien à quel moment ils ne font que semblant, et à quel moment ils sont profondément sincères. Mais au fond, la question n’étant jamais lourdement posée, ou lorsqu’elle l’est de façon naturelle par un des personnages à son conjoint, la réponse ne tombe même pas. La série est aussi subtile que crédible dans son écriture des protagonistes, tant et si bien que notre propre relation aux personnages est sans cesse contradictoire, de la même façon que leur mode de vie même est pris de contradictions qui vont inéluctablement à la catastrophe finale.

Précisément, cette saison, on aura pu avoir du mal à exactement situer la relation entre les deux personnages. Ils se sont rapprochés, se sont éloignés, n’ont plus eu guère d’autre choix que d’être à nouveau ensemble en fin de saison, mais comme contraints (Phillip !). Le personnage de Paige est évidemment l’élément essentiel de la saison, c’est avec elle que la série ménage son suspense (quand saura-t-elle, comment saura-t-elle, comment réagira-t-elle… ?) mais aussi avec elle qu’elle fait jouer la corde sensible. Et cette saison aura probablement été la plus émouvante des trois, tant de retenue et au fond tant d’émotions dans cette série ! Parmi les plus belles scènes de cette année, cette rencontre entre mère, fille et grand-mère, comme annulée par ce choix final de Paige qui constituera le redoutable cliffhanger de cette saison.

Grâce à cette intrigue, tout se mélange, les implications politiques, les responsabilités personnelles, et on se souvient de ce que ça a donné la saison précédente… C’est peut-être aussi la raison qui fait que parfois, The Americans est presque trop dense pour tenir en treize épisodes, ainsi cette année, les personnages secondaires disparaissent parfois à peine trop longtemps et se font oublier, au détriment d’un suivi plus crédible de l’intrigue globale.

Les éléments qui font que la série est toujours aussi réussie ne manquent pas dans cette saison : narration des scènes de filature d’une précision folle, la présence discrète mais déterminante du contexte politique, les scènes de vie conjugale, l’interprétation des deux acteurs principaux, mais aussi de la jeune actrice qui doit assumer un rôle de plus en plus exigeant… Et bien évidemment, cette conclusion… comment patienter une année ?!

Bref, une nouvelle saison de The Americans formidable, captivante et pleine de moments d’une grande intensité dramatique.

 

La Review de la semaine [6]

The Flash. ©CW
The Flash. ©CW

Cette semaine, coup de coeur pour une nouveauté, eh oui c’est possible ! Et enchaîner huit épisodes d’une série française en deux jours aussi, qui l’eût cru ?

The Flash 1×01 – 1×04

En quatre épisodes d’une efficacité redoutable, The Flash donne le ton et prend la forme d’un divertissement solide, souvent très amusant, doté par ailleurs d’un cast convaincant. Déjà, la caractérisation des personnages est honnêtement réussie, au point que dès la fin du pilot, on se sent pris d’attachement pour la plupart des personnages. Les relations qui se développent sont même touchantes, intéressantes et bien écrites (Barry/Joe), et on sent pour chacun d’eux un vrai potentiel d’évolution. Alors, évidemment, la série n’est pas exempte de défauts, mais il semble à ce stade que tous peuvent être corrigés, ce n’est vraisemblablement qu’une question de temps. Les deux qui sautent aux yeux sont évidemment d’une part le personnage d’Iris, écarté et cantonné à pas grand chose pour le moment, et d’autre part la répétition irritante d’un cliffhanger dans la fin des trois premiers épisodes. Allez, on y est presque, The Flash ! (et félicitions, j’en ai même repris Arrow)

The 100 2×02

Un deuxième épisode qui confirme la direction prise par cette deuxième saison… Alors, une fois de plus, j’ai cru un moment à cette histoire saugrenue de bébé perdu et évidemment, j’ai pesté contre le ridicule de la chose… C’était oublier que The 100 est bien plus maligne qu’elle en a l’air, puisque cette affaire a donné lieu à un développement en soi très émouvant, même si on s’était fait à l’idée de la mort du chancelier et que ça aurait été osé d’en rester là. Attention maintenant sur Terre, il ne faudra pas non plus que l’intrigue d’Octavia tourne en rescue mission qui s’éternise ! Enfin, le personnage s’affirme et a droit à des scènes rares à la télévision, et laisse présager un certain potentiel d’évolution, tant elle suit après tout son propre chemin sans se poser de questions. Pour les autres, il est intéressant de voir d’un côté les adultes prendre la mesure de la situation et vivre ce que les plus jeunes ont vécu à leur arrivée, et d’un autre côté précisément ces jeunes hériter d’une intrigue qui s’élève d’un cran, dans un cliffhanger horrifique efficace.

Engrenages saison 1

C’est rare, si rare qu’une série française sache maintenir un vrai bon rythme et nous accrocher de bout en bout ! Une chose est sûre, Engrenages ménage un suspense efficace, et trouve généralement la recette qui marche : twists, cliffhangers et intrigue feuilletonnante bien suivie. Pour autant, la mécanique si bien huilée n’empêche pas les défauts de fond : le récit, d’abord, ne prend pas l’ampleur promise à ses débuts, et s’achève même dans un dernier épisode très en-dessous. De même, si l’équilibre est plutôt bien trouvé entre temps fort et le reste du temps, il faut tout de même avouer que la majorité des twists est très forcée, tout comme la violence crue semble parfois un peu trop exhibée pour l’effet choc. Autre vrai problème de la série : la caractérisation de ses personnages, et notamment de celui interprété par Audrey Fleurot… Certaines de ses décisions, dans le finale, n’ont aucune explication, ni même sens, et n’éclairent absolument pas une quelconque complexité ou profondeur psychologique, mais bien plutôt de la maladresse ou, une nouvelle fois, une écriture « pour l’effet ». En espérant que la saison 2 soit toutefois aussi efficace et aura en même temps corrigé ces défauts gênants…

La Review de la semaine [5]

The 100. -©CW
The 100. -©CW

Qui dit vacances dit rattrapages ! Un peu plus de séries au programme cette semaine, mais j’attendais surtout le retour de l’étonnante The 100 après sa saison 1 enthousiasmante… Vous aurez remarqué que je ne suis guère le rythme de l’actualité et comme toujours vais surtout où l’envie me mène, par exemple vers Utopia ! Mauvaise pioche… Maintenant, on peut toujours compter sur les valeurs sûres, The Good Wife, Transparent qui n’aura pas eu besoin de beaucoup d’épisodes pour faire ses preuves, et une mini-série de David Simon, bref, de quoi trouver son compte.

The Good Wife 6×05

L’affaire du 6×05 n’était peut-être pas passionnante (et sa résolution peu inspirée), Tascioni maintient plus ou moins le navire à l’eau, mais le traitement était par moments trop gaguesque et pas toujours efficace. C’est sans doute le mot qui dit les problèmes de cet épisode : trop ! Le coup du virus était gros aussi, pour dire, mais heureusement sauvé par quelques détails fabuleux (la hotline !) et Diane évidemment. Notons tout de même une bonne scène finale !

 Utopia 1×01 – 1×02

Utopia entre dans la catégorie des séries que je vois vantées presque à l’unanimité sur ma timeline twitter, au point qu’il fallait bien que j’y jette un coup d’oeil quand même. Ça m’apprendra à faire confiance à ma timeline… une confusion à toute épreuve dans le pilot, un montage (?) perturbant-fouillis, des couleurs agressives, un effet de mise en scène dans le style comics qui rattrape un peu le reste, une intrigue conspirationniste mal ficelée (pour le moment, certes) et des personnages, bien que « forts », incroyablement antipathiques (et ça ne s’arrange pas dans le 2). Ajoutons à tout cela une bonne dose de violence dérangeante… Allez, adieu Utopia !

Te 100 2×01

Nous avons droit au renouvellement promis : nouvel environnement, redistribution des rôles, avec l’introduction d’une thématique légèrement déplacée en comparaison de la saison 1 : la vie en communauté mais cette fois ci, avec des adultes. Naturellement, le potentiel à explorer est suffisamment important (et d’ailleurs déjà entraperçu) et la série s’est déjà montrée ambitieuse en saison 1, pas de raison qu’elle ne s’en sorte pas. Bon, ce n’est pas parfait non plus et il faut bien se farcir des éléments cliché (le villain, les prétendus sauveurs…).

 Transparent saison 1

Jolie conclusion pour Transparent, qui aura toujours été un plaisir à regarder. Le sentiment de naturel et de la beauté des petits riens, et la série en dit toujours long en si peu ! Alors, bon, il faut subir Josh, c’est sûr… D’ailleurs, la série gagne tellement lorsqu’elle réunit toute la famille, les plus belles scènes sont celles des rassemblements, dîners, et les apartés ne semblent toujours exister que pour nous y faire revenir, jusqu’à ce petit événement explosif final – pas celui qu’on attendait dans le pilot, naturellement… Alors que le coming out de Maura s’est fait avec fluidité, au point que la série se permet de franches ellipses entre les épisodes, ce sont d’autres souvenirs qui sont venues former les enjeux familiaux de la série (la babysitter, l’argent, le mariage…) et une fois au bout du chemin, chacun doit assumer des responsabilités plus ou moins attendues… Bref, vivement la suite !

Generation Kill

Autre ambiance… Adaptation d’un livre de journaliste, Generation Kill est au plus près de la réalité de la guerre en Irak, alors forcément, c’est dur à regarder, c’est marquant, et il faut prendre son temps, mais ne pas trop tarder non plus entre chaque épisode. Pas grand chose à en dire, quoi qu’il en soit, si ce n’est qu’on y trouve autant de beauté que de violence quelle qu’elle soit.

La Review de la semaine [4]

The Affair. -©Showtime
The Affair. -©Showtime

The Good Wife 6×04

La saison 6 s’annonce dense, très dense… Comment composer entre la veine politique et la veine « purement » légale ? Pour le moment, la série tient le choc, mais difficile d’imaginer un tournant qui l’exposerait à sacrifier le légal, espérons que l’équilibre sera toujours de mise ! En conséquence, dans cet épisode, il faut passer par un cadre minimaliste pour contenir tout le programme de la suite, en l’occurrence par un huis-clos d’une vingtaine de minutes dans la salle à manger avec Alicia, Eli et wooh-new-character-whats-his-name. Le rythme est là, Alicia s’impose, quelques micro-twists font effet et la série reprend des artifices qui ont déjà fait leurs preuves. Notons également la reprise de la blague méta, dont on ne sait si elle se moque de Low Winter Sun, True Detective ou Hannibal, ou les trois à la fois, mais peu importe tant qu’on nous rappelle qu’Alicia est quand même un petit peu comme nous, qu’elle regarde des séries et déteste les spoilers.

The Leftovers 1×05

Un épisode violent, intense, et éprouvant. Cette première scène, que dire… Tout est brut, comme le silence des guilty remnants et comme le coup de sifflet devant le « sauveur », il était temps de s’intéresser à eux autrement que de loin. Alors que jusque là, la série était surtout faite de pas-grand-choses, ici, elle semble plutôt promettre une explosion imminente de la communauté, maintenue tant bien que mal dans ses apparences habituelles et rappelée à son traumatisme par les guilty remnants… Maintenant, on va patienter le temps de digérer cet épisode avant de lancer le prochain.

The Affair 1×01

Le cast de The Affair, rien que ça. Mais pas que. Et pourtant, sur le papier, c’était pas forcément bien parti : encore une vieille histoire d’adultère sur fond de « crise de la quarantaine », vu et revu, rarement bien inspiré, on a déjà donné, merci ! Mais finalement, le parti pris judicieux d’un double récit selon les deux points de vue des intéressé permet un recul qui nous place presque dans la position du policier qui interroge le couple. Naturellement, les deux histoires se rejoignent par moments, mais s’éloignent aussi, voire se contredisent par moments, ce qui évite l’ennui que peut générer ce type de structure narrative. Les enjeux de ces variations sont par ailleurs de plusieurs ordres : mémoire, arrangements involontaires, arrangements parfaitement volontaires, autrement dit mensonges… Le contexte de l’interrogatoire multiplie les possibilités et oblige à faire le tri, réfléchir, revenir en arrière et s’interroger soi-même. Sans compter que ce recul tend à insuffler de l’ironie critique dans l’histoire même, au moment où elle est racontée, dans la mesure par exemple où Noah force le trait pour se justifier et invente une figure de tentatrice… Maintenant, il semble que beaucoup, beaucoup de temps ait passé entre les deux lignes temporelles et pour être honnête, c’est presque trop et ça pourrait décourager, d’autant que la série se fait avare en révélations.

La Review de la semaine [3]

leftovers
The Leftovers. -©HBO

The Good Wife 6×03

Un nouvel épisode très réussi, qui fait preuve comme toujours de beaucoup d’inventivité. Le simulacre de tribunal dans l’église est amusant et intéressant, la série, certes piquante, ne fait pas non plus dans le lourd et trouve là l’opportunité de nous offrir une jolie scène entre mère et fille autour de la question religieuse. Pour ce qui est de la candidature d’Alicia, les craintes sont balayés semaine après semaine, la série ne s’embourbe pas et prend au contraire le temps de nous faire adhérer, comme Alicia, à cette idée-là jetée en fin de saison dernière comme une facilité saugrenue.

The Leftovers 1×04

Moins réussi que le précédent, pas forcément très fin, mais encore ponctué de scènes réellement fortes. Curieux sentiment de vide pour ne rien dire par moments, quand l’épisode 3 était d’une densité folle, porté qui plus est par un Eccleston fabuleux. Il faut dire qu’on ne s’intéresse pas à tout le monde finalement, et dans cet épisode, c’est encore Laurie qui accapare toute notre attention.

Borgen 2×01 2×02

C’est un plaisir de retrouver Borgen ! Les deux premiers épisodes sont prometteurs d’une saison complexe, qui ose se confronter à l’actualité et construire avec un rythme enlevé ses intrigues sur les manigances politiques… C’est très convaincant et les enjeux personnels qui ressurgissent confirment qu’une série politique n’est pas forcément froide ou cynique jusqu’au bout des ongles, yay.

La Review de la semaine [2]

Transparent
Transparent. -©amazon

 

Toujours là.

The Good Wife 6×02

Cette semaine était marquée, comme chaque semaine désormais, par un nouvel épisode de The Good Wife, The Good Wife le génie tranquille et facile. Un deuxième épisode plus réussi que le premiere, qui va d’un registre à l’autre, exploite le potentiel comique de Robyn, et impose définitivement l’identité de Florrick & Agos…. Jusque dans le travail du son ! Chez Florrick & Agos, ainsi qu’au tribunal, il n’y a pas de porte, plus de séparation, et à bien écouter, il n’y a jamais que chez LG qu’il n’y a pas un bruit de fond. Merci pour ce départ en grande pompe de Diane. Dommage que le discours enthousiaste et enthousiasmant « Florrick & Agos, cabinet avec des femmes et des personnes de couleur ! » n’ait pas été tant vérifié dans les faits jusque là, puisque le seul qu’on ait vu de temps en temps à l’écran, c’est Cary Second du nom. Mais peut-être que ça viendra avec le nouvel arrivant ?

 Transparent 1×02 à 1×05

Un peu déçue par les deux épisodes qui suivent l’excellent pilot, mais le quatrième rattrape l’affaire. Plus question des affres sexuelles ou des petits soucis de chacun, mais des vrais enjeux soulevés d’on ne sait où, qui soulèvent à leur tour des sentiments, des rires, et une histoire familiale. Dès qu’on réunit la troupe, ça fonctionne. Josh qui m’aura bien ennuyée dans les épisodes 2 et 3, trouve une intrigue plus intéressante dans cet épisode aussi.

 How To Get Away With Murder 1×02

Non. Alors que j’ai trouvé le pilot très plaisant, j’ai eu l’impression ici d’une mauvaise réplique, défauts grossis, au point que j’en ai revu mon avis sur le premier épisode. Je crois qu’il y a des limites aux invraisemblances, ou tout du moins qu’il faut compenser avec un rythme, des personnages, tout le reste, pour faire « comme si » et accepter de tels retournements de situation. Parce qu’autant une invraisemblance de fond, de situation, passe encore, mais quand elle fait l’enjeu d’un twist sur l’affaire du jour, forcément, ça ne passe plus ! Entre ça et le fait que le client soit une sorte de Colin Sweeney bis, convoquant de fait des questions éthiques amenées et balayées sans subtilité… Et par pitié, arrêtez de prendre les téléspectateurs pour des imbéciles, stop aux flashbacks qui rappellent des intrigues vues il y a une vingtaine de minutes… Quant aux personnages, l’écriture empêche pour le moment d’avoir de la sympathie pour qui que ce soit…

P’tit Quinquin 1×01

On comprendra que je ne suis pas allée plus loin que le premier épisode, endormie que j’étais après ce pilot certes soigné, mais à la fois ennuyant et déplaisant. Le choix d’interprètes amateurs, de même que le comique de la série d’une manière générale, nous met dans une drôle de position, nous téléspectateurs, comme si, pour rire, pour apprécier, il fallait être dans une posture d’observateur moqueur des personnages. Le décalage en lui-même et l’assemblage de comédie et intrigue policière auraient pu fonctionner, s’il avait été réellement efficace, mais après un épisode, on ne garde que le sentiment du vide, comme si rien n’existait vraiment là-dedans.

 À la semaine prochaine !

La Review de la semaine

How To Get Away With Murder. -©ABC
How To Get Away With Murder. -©ABC

C’est la rentrée des séries… Je vais m’efforcer de tenir une nouvelle rubrique qui rassemblera de très courts avis sur les épisodes vus de la semaine, ce sera bref, spontané et irrégulier !

The Good Wife 6×01

Sans surprise, la série revient en forme et sa proposition, pour cette entame de saison, est audacieuse et enthousiasmante. On s’est souvent plaints de voir Cary relégué à l’arrière-plan, sous-exploité, ou mal-exploité, c’est l’occasion de tenter autre chose et on espère que ça sera une aussi belle réussite que la saison 5 ! Le poids Bishop n’était pas loin de devenir un peu trop pesant, répété sans être jamais beaucoup plus prolongé dans l’intrigue, il va de soi qu’enfin tout va se jouer… Amen to that. En vrac : comme toujours, le pré-générique est formidable, le cast est formidable… Ah, l’amitié Finn et Alicia, oui, oui, oui !

Marvel Agents of Shield 2×01

Changement de ton pour Agents of Shield ! Des blessures, des morts, de la folie et de la tristesse, bref, la série passe un cap et étonne après sa première saison qui prenait le parti des gags et des répliques comiques. Maintenant si on pouvait se débarrasser de Ward… Alerte poids mort et forcing de ship avec Skye ! Autrement, dans l’ensemble, c’est classique, dans la lignée de la première saison hormis le changement de ton, avec un petit moment Agent Carter bienvenu, et on retrouve l’équipe avec un certain plaisir. On est quand même très loin de The Good Wife, très, très, très, très, très loin, mais en guise de divertissement simple et attachant, Agents of Shield fait encore l’affaire.

How To Get Away With Murder 1×01

Aaaaah un pilot. Mon indifférence aux séries de Shonda Rhimes n’aura pas empêché l’excitation devant les trailers de How to get away… et le pilot est d’une efficacité à toute épreuve. Rythmé, dense, intrigant, il parvient à captiver avec un dispositif « x months earlier » ô combien lassant. Alors certes, deux ou trois scènes flirtent avec le ridicule, et la mécanique qui vise à susciter l’admiration, encore une fois, pour le personnage de DeWitt, est tellement visible qu’on a du mal à y adhérer spontanément. À l’inverse, le groupe de jeunes dispose d’une présentation réussie, équilibrée, et solidement intégrée à l’intrigue : on apprend à les connaître à travers leurs idées pour le procès, et on se prend au jeu de l’intrigue future. Bref, on a envie de voir la suite !

Really, saison 1, épisode 1 (pilot)

Really. -©Amazon
Really. -©Amazon

Un pilot qui ne génère guère d’enthousiasme.

L’épisode en lui-même est pourtant très fluide, porté par un bon cast et un naturel constant, mais il faut déjà bien vouloir s’intéresser à la vie de ces quelques couples pour finalement y trouver son compte, tant on est loin de la comédie. Le ton est même étrange, quelquefois près du malaise, au point qu’il suscite presque une attente plus commune aux séries dramatiques qu’aux comédies, non pas du gag, mais de quelque événement qui viendra bouleverser la vie des personnages (j’en étais presque à croire que l’un allait mourir dans le pilot, c’est dire).

Maintenant, la série veut bien oser parler sexe et croit peut-être ainsi éviter les traitements plus clichés des couples mariés, mais n’y échappe pas tant que ça en définitive et nous compile une série de stéréotypes (dans la première partie surtout) pour conclure sur un enjeu qui franchement, ne parvient pas à donner envie d’y revenir.

Bref, une entrée en matière peu convaincante.

 

 

Doctor Who, saison 8, épisode 1

Doctor Who. -©BBC
Doctor Who. -©BBC

Un retour passable pour Doctor Who.

L’arrivée d’un nouveau Docteur enthousiasme naturellement, encore faut-il que l’épisode soit à la hauteur. On se souvient des premières minutes du précédent, une petite performance de comédie insolite et rythmée, bien éloignées du quart d’heure d’introduction de ce season premiere qui semble jouer le jeu avec autant de joie que le dinosaure abandonné dans Londres. Pour l’humour, le grain de folie, on repassera, et pire, on devra subir des répliques inspirées comme « oi, big, sexy woman ! » adressé à un dinosaure. Par ailleurs, l’épisode d’une heure-quinze aurait pu être considérablement raccourci, compte tenu de ses longueurs et de son rythme peu enlevé, faute à, entre autres, une intrigue elle-même en deçà des attentes.

Les ennemis ne disposent guère d’une caractérisation intéressante, et la structure globale, convenue et avare en rebondissements, empêche d’être pris dans l’histoire déjà faible. Il va de soi que dans un épisode qui signe l’arrivée d’un « nouveau » Docteur, c’est lui qui doit compter, et le récit s’attache principalement à le cerner, en le faisant évoluer d’une sorte de anti-héros égoïste qui pourrait abandonner son companion au sauveur envers et contre tout qu’il est encore – mais plus sombre, avec des zones d’ombre bienvenues – seulement il aurait fallu que le reste suive.

Capaldi endosse toutefois son rôle avec une facilité déconcertante, interprète de talent, il insuffle à son Docteur charisme, noirceur, et une pincée de maladresse, qui suffisent à nous convaincre de revenir. Reste à espérer que l’alchimie sera là entre les deux protagonistes et que Clara sera plus approfondie, puisqu’elle semble encore malheureusement réduite à peu de choses dans ce premiere (pour exemple, ce choix de l’angle « boyfriend » pour aborder les débuts de sa relation avec Twelve).

Bref, un épisode qui pâtit de son intrigue peu prenante mais regagne en intérêt grâce à Capaldi.

 

Wilfred, saisons 1et 2

Wilfred. -©FX
Wilfred. -©FX

Comme le veut la loi de l’été : il n’est jamais trop tard pour rattraper des séries. Encore que je n’ai pas commencé Wilfred, la comédie de FX, remake de la série australienne du même nom, cet été, mais il y a quelques mois, et il m’aura fallu un peu de temps pour venir à bout des 13 épisodes de la saison 1. C’est peut-être de celles qu’on peut mettre de côté quelque temps, pour y revenir avec le même plaisir, en tout cas, Wilfred ne connaît pas d’équivalent et ne s’abandonne pas si facilement. C’est l’histoire d’une amitié entre Ryan et Wilfred, le chien de sa voisine, qu’il voit comme un homme déguisé après sa tentative de suicide. Qui oserait ?

Et honnêtement, l’expérience en soi est amusante, troublante, tant Wilfred joue avec génie de la fameuse suspension de crédibilité, jusqu’à en faire un principe de comique-bizarre permanent. Elle n’est pas franchement drôle – elle peut l’être dans ses scènes qui accompagnent le générique de fin -, il faut se faire au potache et au trash, mais elle est incroyablement attachante. Cette relation qui d’une certaine façon, va de soi, est très touchante quand elle devient l’enjeu véritable de la série, tant elle dit ce qui reste dans l’ombre : la folie de Ryan. Rien n’interdit une lecture purement « rationnelle », malgré le point de vue adopté qui est bien entendu celui de Ryan, et à vrai dire, l’émotion qui se dégage insensiblement de la série dépend entre autres de cet écart entre ce qu’on voit avec Ryan, et ce que ça pourrait signifier pour lui. Wilfred n’est pas loin d’être une comédie réconfortante également parce qu’elle nous épargne tout jugement, et préfère raconter cette histoire d’amitié insolite qui, manifestement, ressemble à un sauvetage complètement barré de Ryan par son acolyte.

Les petites aventures de Ryan et Wilfred sont généralement divertissantes, principalement parce qu’elles se glissent dans une faille improbable des scènes de la vie quotidienne d’une banlieue et donnent lieu par là-même à des séries de rebondissements inattendus. Après tout, la série s’est donné le droit de tout oser à partir du moment où elle a décidé de mettre en scène ce « chien » incarné par cet homme à l’accent australien ! Mais puisque la qualité est là, notamment dans les excellents dialogues entre les deux protagonistes, on ne boude pas son plaisir.

Wilfred. -©FX
Wilfred. -©FX

Dans sa deuxième saison, Wilfred se fait plus sombre et malgré des débuts laborieux, elle livre quelques superbes épisodes. Le choix de coincer Ryan dans un travail de bureau n’était certainement pas la plus heureuse des décisions, mais la série a su corriger le tir rapidement et recentrer ses intrigues avec le même minimalisme efficace qu’en première saison, dans la cave (réelle ou non) de Ryan. On peut également saluer la mise à l’écart de Jenny, bien que l’arrivée d’Amanda n’ait pas forcément si bien tenu ses promesses, notamment dans un finale qui consacre son départ d’une manière saugrenue mais décevante.

La saison 2 est beaucoup plus émouvante que drôle, principalement dans ses chutes d’épisode amères qui semblent suivre une trajectoire plus claire et intéressante qu’en saison 1, à savoir aller au cœur de la détresse de Ryan, la mettre au jour, la nommer, l’assumer et continuer. Wilfred, imprévisible en saison 1, se fait presque évident dans le dernier temps de cette saison, c’est lui qui aide Ryan à sa façon, et « quand il est prêt ». Les intrigues tournent autour d’enjeux latents sans cesse repoussés : le père de Ryan et « what is Wilfred », sans aller jusqu’à répondre, mais en franchissant plusieurs étapes qui font que cette saison permet à Ryan d’évoluer envers et contre tout, d’être quelque part plus lucide qu’il ne l’a jamais été.

Bref, la première saison de Wilfred est étonnante et attachante, généralement très inspirée, elle est toujours agréable à suivre. La deuxième perd en inspiration et comique ce qu’elle gagne en justesse et émotion, un tournant non exempt de défauts mais qui donnera lieu à de très beaux épisodes (le 8 !).